La Chrysalide 
Chapitres 21 à 23 
 
 
21 Une séance de kiné 
J’avais passé un mois d’août paradisiaque, me partageant entre Cécile et François qui, parfois — pas assez souvent à mon goût — se donnaient rendez-vous pour me « partager », dans le flat minuscule que j’avais loué dans le quartier de l’université. Bonheur ineffable, jubilation des sens et de l’esprit que cette étrange relation dont nous nous accommodions si bien. Mes craintes du début de voir l’un ou l’autre chercher à s’assurer l’exclusivité, se muer en rival, se dissipèrent rapidement. La relation triangulaire nous convenait à merveille. Il faut dire que je n’avais pas connu de liaison masculine digne de ce nom avant de tomber amoureuse de François. Les choses s’étaient mises en place d’une manière si naturelle, si évidente, je ne pouvais que cautionner ! Quant à envisager d’éloigner Cécile, si peu que ce fût, c’était impensable. L’entente qui régnait entre le frère et la sœur tenait du miracle ; j’avais même le sentiment que notre aventure commune les avait encore rapprochés. Il était arrivé plus d’une fois que j’aie dû me contenter d’assister à leurs ébats. Les voir s’enlacer, s’embrasser, se caresser, se pénétrer là, sous mes yeux, me mettait dans un état proche de la transe. En fait, j’adorais ça ! Il faut dire qu’ils ne manquaient jamais de me finir, d’une façon ou d’une autre. 
Elles étaient loin à présent mes appréhensions, mes hontes, mes rougeurs d’adolescente. Je me sentais parfaitement bien dans ma peau, fière désormais de mon corps qui s’était épanoui, de mes seins qui avaient encore — très légèrement — grossi. Je jubile intérieurement chaque fois qu’un homme — ou une femme (ce qui est fréquent) — m’adresse de ces regards admiratifs, envieux ou même salaces. À plusieurs reprises, certains n’avaient pas hésité à me faire des propositions franchement vénales : pour quelques billets, que je refusais toujours, conformément à la promesse que j’avais faite à Cécile, j’acceptais de montrer mes seins à un bourgeois frustré au fond d’un parking de supermarché ou dans les toilettes d’un quelconque café. Il fallait tout de même que le bonhomme ne fût pas trop libidineux : je me réservais le choix de mes canailleries. Je faisais rire aux éclats François et Cécile lorsque je leur relatais ces petites turpitudes occasionnelles. 
 
o o O o o 
 
Enfin, j’étais installée ! Au terme d’études qui ne furent guère brillantes mais néanmoins satisfaisantes, je dégotai une petite maison dans un quartier résidentiel qui me permettait d’installer à la fois un cabinet et mon domicile privé. Il avait fallu recourir à un emprunt bancaire que je comptais bien rembourser rapidement. J’entrepris donc toutes les démarches utiles afin de m’assurer une clientèle et de la fidéliser. Quelques mois suffirent. Il faut dire que je n’avais ménagé ni mes efforts ni mon temps. Je me montrais patiente et attentive, et je m’efforçais de bien cerner, pour chaque cas, le traitement approprié. Je parvins à me tailler assez rapidement une solide réputation de patience et de gentillesse. Je compris bien vite l’importance de l’accueil, de l’écoute, du contact. Après tout, ces femmes au dos abîmé, ces accidentés aux membres meurtris, ces handicapés en tous genres me faisaient totalement confiance, s’abandonnaient à mes mains qu’ils espéraient expertes. Je mis un point d’honneur à ne pas les décevoir. Bientôt, mon carnet de rendez-vous fut plein, et je pus même me payer le luxe de commencer à choisir ma clientèle. J’avais bien sûr dû avaler quelques couleuvres à mes débuts : cette snob qui ne cessait de critiquer ma façon de la masser, ce cadre prétentieux qui hurlait au moindre effleurement ; je devinais aujourd’hui très vite, dès le premier coup de fil, à qui j’allais avoir affaire et m’autorisais à sélectionner sévèrement ma clientèle. 
Bien entendu, le problème du sexe apparut rapidement. J’eus bien souvent à décourager les avances, souvent insistantes, de messieurs en mal de sensations. J’avoue cependant avoir pris souvent un vif plaisir face aux regards admiratifs, envieux ou puérilement hostiles d’une bonne partie de ma clientèle, tous sexes confondus. 
J’avais décidé, afin de ne pas courir de risques inutiles, de ne porter qu’une tenue de travail très stricte : une longue blouse blanche à manches longues dont les boutons remontaient jusqu’au cou. 
 
o o O o o 
 
Ce jour-là, un vendredi, je venais d’accepter de recevoir un jeune accidenté de 18 ans qui avait fait une chute à moto, heureusement sans gravité excessive. Il avait besoin, m’avait-il affirmé au téléphone, de quelques séances de massage. 
À l’heure pile — j’achevais de traiter une adolescente boutonneuse affectée d’une vilaine scoliose — la sonnette retentit et, après vérifié l’identité de mon visiteur par le vidéophone, je pressai le bouton de déverrouillage de la porte d’entrée. Quelques minutes plus tard, ayant reconduit l’adolescente, je pénétrai dans la salle d’attente. Le jeune homme se leva aussitôt. Il était grand et franchement maigre. Sa chevelure d’un blond presque blanc envahissait le haut de son front et se prolongeait en mèches joliment torsadées sur un beau et encore tendre visage aux traits réguliers. Il émanait de sa personne quelque chose de franc et d’innocent qui me plut. Je sus évidemment tout de suite quel effet je lui faisais. Il ne pouvait s’empêcher de me parcourir des yeux des pieds à la tête, c’en était presque comique. Afin de lui faciliter la tâche et de le laisser m’admirer tout à loisir, je l’entraînai à ma suite vers le cabinet. 
C’est vous qui avez appelé, n’est-ce pas ?… Suivez-moi, je vous prie
Sans attendre, je le précédai dans l’étroit corridor. Je ne pus m’empêcher de me dandiner légèrement, par pure fantaisie. C’était là un plaisir que je m’offrais volontiers quand je savais n’avoir pas à redouter les assauts téméraires d’un malotru ou d’un macho. 
Asseyez-vous ici, fis-je, sur un ton désinvolte en l’invitant à prendre place sur la chaise qui jouxtait mon bureau. 
Je fis le tour du meuble et vins m’asseoir en face de l’adolescent transi. Après avoir établi sa fiche, je le questionnai : 
Alors, de quoi s’agit-il ? 
En bredouillant, il m’expliqua les circonstances, navrantes comme de juste, de son accident de moto. Un coup de malchance, mais rien de bien méchant : un tendon déchiré et quelques contusions. L’hospitalisation avait été fort brève. Son médecin lui avait prescrit quelques séances de kiné, histoire de s’assurer que tout serait bien remis en place. 
Je vois, conclus-je au terme de son bref récit. Voyons cela ! 
Je me levai et me dirigeai vers la chaise longue qui trônait au milieu de la pièce. 
Venez par ici, ordonnai-je, enlevez votre pantalon et allongez-vous là
Il obtempéra aussitôt et, ayant abandonné ses jeans, il s’étendit sur la chaise longue. Son genou droit, orné d’un superbe hématome dans les bleus profonds rehaussé de reflets violacés, était encore légèrement gonflé. 
Après m’être assise à côté de lui, je me mis à palper doucement la jambe endolorie. 
Vous ressentez encore de la douleur ? 
— Pas vraiment, simplement, ça me lance quand je m’appuie sur cette jambe. 
Je fis jouer l’articulation, procédai aux vérifications de routine et conclus : 
Bien, ça ira ! Vous avez eu de la chance ! Je vais vous faire un petit massage. Tout cela va bien vite se résorber et vous pourrez bientôt courir comme avant. 
Tout en parlant, je m’imprégnai les mains d’huile afin d’assurer un massage fluide et souple. Je commençai par le mollet que je travaillai quelques minutes, puis, je lui pliai la jambe et, contournant la partie douloureuse, j’entrepris le massage du haut de la cuisse. Sans le regarder vraiment, j’observai le jeune gaillard qui me mangeait des yeux. Je me rendis compte que les mouvements que je faisais avaient pour effet d’écraser mes seins l’un sur l’autre ce qui en révélait à coup sûr les généreuses dimensions. Je jetai un regard à l’adolescent qui avait les yeux rivés sur le haut de ma blouse. 
Ça va ? lançai-je, vous vous sentez bien ? 
— Oh oui ! fit-il, oui… oui, bien sûr. Je remarquai qu’il était en train de piquer un fard. Je compris pourquoi au moment où, dépliant sa jambe pour la remettre à plat sur la chaise longue, j’avisai la bosse impressionnante qui pointait fièrement sous le tissu de son caleçon. Je faillis pouffer, mais parvins à demeurer d’un calme olympien. Je me contentai de lui adresser un sourire qui se voulait apaisant. 
On dirait que vous avez comme une petite crampe là ! Mais rassurez-vous, je ne l’ai pas remarquée
Il était rouge comme une pivoine à présent et, visiblement, il ne savait que faire ni quelle attitude prendre. Ma plaisanterie n’avait pas eu l’effet vaguement escompté et je me demandais quelle tournure les choses allaient prendre. 
Je… excusez-moi, balbutia-t-il, je… je ne sais pas ce qui m’arrive, je… 
Il était touchant ce gamin, et je décidai à brûle-pourpoint de lui accorder une petite faveur. Ce serait là une première, car j’avais décidé de ne jamais mélanger activité professionnelle et plaisir. Mais là, ce chibre dressé, ce désir naïf et finalement plutôt pur, la détresse de ce jeune homme, assez beau garçon d’ailleurs, l’insolite de la situation, tout cela me fit craquer. Je continuai de lui sourire tout en poursuivant mon massage sur le haut de sa cuisse. 
Je crains qu’il ne faille nous attaquer à un nouveau problème, hasardai-je, sur un ton gouailleur. Qu’en pensez-vous ? 
Je… vous… vous êtes si belle, si attirante, murmura-t-il, excusez-moi… 
Cessez de vous excuser constamment, répliquai-je. 
En une grimace enfantine, il fronça soudain le visage et, les yeux fermés, sembla se concentrer de toutes ses forces. C’était plutôt surprenant. Je ne mis pas longtemps à saisir le but de la manœuvre : la hampe dressée fièrement et qui, il y un instant encore distendait le tissu de son sous-vêtement, était en train de s’affaisser lamentablement et se réduisait à vue d’œil. Ce qui, en d’autres circonstances et avec un autre partenaire, m’eût soulagée, me sembla en l’occurrence un bien navrant spectacle et, pour tout dire, plutôt vexant. Quoi ? ce gamin qui n’avait pu s’empêcher de bander à la vue de mes charmes, sans que je l’aie voulu, allait clore l’incident sans autre conséquence ? Pas de ça Lisette ! J’en fis une question de principe, d’honneur comme disent ces Messieurs. Attends, jeune blanc bec, tu vas voir. Je déboutonnai rapidement le haut de ma blouse et échancrai largement le vêtement, laissant apparaître le haut de ma poitrine, bien replète. M’approchant du jeune homme dont le visage commençait à se détendre, je m’inclinai sur son visage. L’instant d’après il ouvrit les yeux, apparemment calmé. Il exprima d’abord la surprise : celle de découvrir mon visage souriant tout près du sien ; puis, sans transition, une sorte d’affolement éperdu à la vue de ma poitrine offerte à ses yeux ébahis. Il émit un hoquet, déglutit vigoureusement, puis se mit à haleter comme un joggeur amateur. Un bref regard me permit de constater que mon plan avait produit l’effet escompté : le braquemart avait repris sa forme initiale, il était à nouveau dressé fièrement et semblait même avoir gagné en volume et en vigueur. Il s’agissait de ne pas laisser le garçon se dégonfler à nouveau. 
Il me semble avoir identifié l’origine de cette étrange malformation, plaisantai-je en désignant le membre dressé. 
Ah !… euh… je… je…  
— Voyons ça de plus près ! 
Sans tenir compte de ses vagues tentatives de protestation, je m’emparai du phallus emprisonné et le dénudai. Le membre était d’une forme parfaitement régulière, de belles proportions et, en cet instant précis, en demande pressante d’un traitement idoine. 
Le diagnostic me paraît assez simple, fis-je d’une voix doucereuse. 
Le garçon ne cherchait plus à contenir son désir, il me mangeait des yeux à présent et je fus soulagée de n’être pas un petit mouton, car je serais déjà passée à la casserole : le gamin semblait sur le point de me dévorer. 
C’que vous êtes sexy ! articula-t-il, sur le souffle. 
Tu es mignon, tu sais, et je suis assez sensible à l’hommage que tu me présentes là. Ce disant, je m’emparai se son aiguillon frétillant et le serrai entre mes doigts. 
Réprimant un frisson, il s’abandonna à ma prise. Son regard se fit presque suppliant. 
Je… je voudrais… s’il vous plaît… balbutia-t-il. 
Dis-moi ? 
Ses yeux agrandis, fixés sur ma poitrine, en disaient long sur son souhait. 
Tu voudrais les voir, hein ? 
— Oh oui ! fit-il. 
Sa sincérité juvénile avait quelque chose de touchant. Je décidai de pousser le jeu plus loin. Me dressant devant lui, j’achevai de déboutonner ma blouse. Très lentement, j’en écartai les pans, dévoilant mon corps à peu près nu. Je ne portais en effet sous ma blouse que mon soutien et un mini-slip. Je laissai choir mon tablier sur le sol et me déhanchai tout en me cambrant, faisant saillir ma poitrine. C’était un moment que j’adorais, qui me brouillait les sens et me procurait une intense satisfaction : celui où je voyais l’admiration apparaître puis croître dans le regard de mon partenaire pour se muer en excitation. J’en concevais une fierté sans bornes. C’était presque magique. Voir ainsi naître le désir, en constater l’émergence puis les phases ascendantes me mettait en transes. J’adorais, je me sentais femme, je jubilais, je rayonnais, je débordais d’orgueil, j’avais le sentiment très vif de prendre une revanche — toujours renouvelée — sur les frustrations et les brimades de mon enfance. Je m’offrais aux regards admiratifs, concupiscents ou vicieux, selon les circonstances. Mais le plaisir le plus vif, j’avais déjà pu le vérifier à maintes occasions, était toujours celui lié à des émotions authentiques, comme dans le cas présent. Le fin du fin étant les grandes premières, rares, mais ô combien savoureuses. Les jeunes adolescents étaient capables d’émotions réellement fortes lorsque, avec plus ou moins de ménagement, je leur exhibais mes charmes. Leurs rougeurs incontrôlées, leur désarroi, le bouleversement de leurs sens, leur souffle court, leur gaucherie, plus encore que l’évidence de leur désir, me comblaient d’aise et de fierté. 
Fermement, mais sans brusquerie, je m’emparai de ses couilles que je me mis à masser délicatement. Je savais le bien-être que pouvait procurer la chaleur d’une main bienfaisante. Le résultat ne se fit pas attendre : le gamin poussa un gémissement, son phallus se fit plus imposant encore et son bassin entama un léger mouvement de va-et-vient. Délaissant le scrotum, je me mis à remonter lentement le long de la hampe dressée. Le garçon haletait à présent, le regard trouble, la bouche entrouverte, les mains crispées sur les bords de la chaise longue, il semblait totalement déboussolé. Sa détresse m’émut. J’étais pourtant quelque peu désemparée moi-même, ne sachant trop où nous allions. Je me rendis compte que je jouais là plutôt un rôle d’observatrice. L’émoi de ce beau jeune homme ne me laissait certes pas indifférente, mais je ne ressentais rien de comparable à la tornade d’émotions et de sensations fortes qui me submergeaient lorsque Cécile m’astiquait la vulve ou simplement me pétrissait les seins ; lorsque François me pénétrait de sa tendre et percutante vigueur ; la qualité de leurs regards, la délicatesse, le raffinement toujours renouvelé de leurs caresses ne connaissaient pas d’équivalent, je m’en rendais parfaitement compte. 
L’initiative en matière de sexe n’était pas mon fort. Je n’étais jamais aussi excitée que quand Cécile ou François — ou les deux ! — faisaient de moi ce qu’ils voulaient, quand j’étais leur chose, leur objet. Leurs regards dont ils se plaisaient à souligner à chaque fois le caractère admiratif, leurs caresses, qui confinaient parfois — souvent à ma demande — à une certaine forme de brutalité, me mettaient en transes, me jetaient hors de moi, me liquéfiaient, m’égaraient totalement. Je réalisai que la seule évocation des plaisirs que je pouvais prendre avec Cécile et François était sur le point de m’allumer. 
Je revins à la réalité de ce garçon en train de me dévorer des yeux, n’osant prendre aucune initiative, totalement soumis, et attendant, tel un suppliant, que l’officiante que j’étais à ses yeux décidât de son sort. Sans réfléchir, je me laissai aller à mon instinct et, sans cesser de malaxer son sexe brandi, j’approchai ma poitrine de son visage. Tel un chat, il bondit soudain et, les mains plaquées sur mes fesses, il se mit à lécher ma poitrine à grands coups de langues. Il était comme pris de frénésie, il parcourut à vive allure la surface de mes globes, se mit à mordiller les pointes en passant, leur distribua ensuite une série de petits coups de langue nerveux avant de se mettre à me téter comme un bébé, et ce avec une voracité inouïe. C’était là le genre de caresses auxquelles j’étais des plus sensibles. Tout en gardant la tête assez froide, je sentis que je commençais à m’exciter. Je m’abandonnai aux caresses frénétiques du gamin en plein bouleversement sensoriel. Je le laissai me triturer les seins tout à loisir, y prenant un plaisir certain. Ses mains me pétrissaient les fesses sans qu’il s’en rende vraiment compte, c’était du moins mon impression. Je sentais son chibre durcir encore et se gonfler entre mes doigts. Le membre avait atteint une belle taille et le garçon ne contenait plus les violents tressautements de son bassin. 
Au bout d’un long moment, je le repoussai, l’obligeant à se recoucher. Il se laissa faire sans protester. Son visage était écarlate, il avait les yeux d’un dément, il tremblait comme une feuille. Je lui adressai un sourire qui se voulait encourageant avant de plonger vers son bas ventre. J’engloutis le phallus brandi et me mis à pomper vigoureusement le membre qui semblait prêt à éclater. Lorsque le dard fut bien lubrifié, je m’attardai sur l’extrémité, décochant au méat béant quelques petits coups de langue bien assénés. Je projetais de venir m’empaler sur le braquemart luisant de mon jeune patient, mais il ne m’en laissa guère le temps : il se raidit soudain, figé en une immobilité toute frémissante, poussa un cri de bête sauvage et se répandit en longues giclées crémeuses. Les jets de sperme étaient particulièrement abondants et d’une singulière puissance. Son odeur de jeune mâle en rut agressa soudain mes narines dilatées. Je ne fis rien pour me soustraire aux impressionnantes traînées de sperme qui, par vagues successives, semblaient m’assaillir ; au contraire, je vins à leur rencontre et pris un vif plaisir à sentir la semence du jeune garçon s’étaler sur mon ventre, sur mes seins et même sur mon cou. Le premier jet, le plus violent, était passé à deux centimètres de mon visage. Quelle vigueur ! J’aurais voulu en profiter davantage, mais cette jeunesse se contrôle si mal ! Je n’avais pas manqué de m’en apercevoir dès le lycée. 
 
22. La Punition 
Je les attendais avec impatience. Cécile et François m’avaient promis leur visite pour le début de la soirée. Je leur avais préparé un amour de petit dîner aux chandelles. J’avais mis, comme on dit, les petits plats dans les grands et étalé ma plus belle nappe, choisi soigneusement une musique discrète et douce : les œuvres pour luth de John Dowland (je savais que François adorait la musique ancienne). J’étais toute frémissante à l’idée de ce qui allait se passer, des plaisirs que nous allions partager une fois encore. En réalité, j’étais déjà passablement excitée. J’anticipais les caresses de François, les inventions diaboliques de Cécile, ses délicieuses cruautés. Vingt fois déjà j’avais soulevé le rideau donnant sur l’avenue, dans l’espoir de voir la moto de François se ranger devant la façade de mon petit immeuble. Au téléphone, Cécile avait eu une voix bizarre et je la connaissais assez pour en conclure qu’elle perpétrait quelque chose de peu ordinaire. Il faut dire qu’avec elle, rien n’était jamais ordinaire. 
Je me postai pour la nième fois devant le miroir du hall d’entrée et vérifiai ma tenue. J’avais chois des dessous volontairement trop petits : je connaissais le plaisir que prenait Cécile à voir mes seins déborder de soutiens trop étroits et ma vulve écrasée par un string exagérément mince. J’avais choisi une minirobe noire en crépon, très moulante, qui laissait tout deviner de mes formes. J’avais soigneusement étudié les croisements de jambes qui permettraient à l’œil exercé de François d’apercevoir tout ce qu’il voudrait. Par jeu, j’avais passé par-dessus le tout un de ces énormes pulls que je portais à l’époque où je cherchais encore à dissimuler mes formes imposantes aux regards concupiscents des uns et des autres. Face au miroir du hall d’entrée, je me passai les mains dans le dos et m’amusai à tirer sur le vêtement afin de l’attirer vers l’arrière, ce qui fit ressortir mes seins. Je me plus à évoquer l’effet que ce genre d’images ne manquait jamais de produire sur les hommes que j’avais décidé de provoquer. 
Mais qu’est-ce qu’ils fabriquent ? m’impatientai-je. 
J’étais persuadée que Cécile avait prémédité ce retard. L’idée qu’elle devait parfaitement savoir dans quel état je me trouvais me mettait en rage. À nouveau, elle me manipulait… Je dus reconnaître que j’adorais ça. Je fus prise d’une soudaine intuition : la soirée allait être chaude et… j’allais souffrir ! En un sens, ça avait déjà commencé puisque j’étais là à piaffer d’impatience. J’étais ainsi déjà victime d’une torture morale que Cécile arrivait à m’imposer sans avoir à être présente. Ô rage, ô délice ! 
Je fixai le boîtier de la sonnette, visible au-dessus de la porte d’entrée, rien ne se produisit. 
C’est horripilant ! Là, elle exagère ! 
Brusquement, la sonnerie du téléphone fit entendre son menu grelot. Je me précipitai sur le combiné : 
Oui ?... 
Dom ? C’est moi ! fit la voix de Cécile, nonchalante comme à l’accoutumée. 
Mais qu’est-ce que vous fichez ? Il y a une heure que je vous attends. 
Ne t’énerve pas, ma petite biche. On arrive !… Tu es prête ? 
— Et comment que je suis prête ! 
— Non ! 
— Quoi « non » ? 
— Non ! Tu n’es pas prête ! 
— Mais enfin, qu’est-ce que tu veux dire ? 
— Écoute-moi bien : je veux que tu fasses exactement ce que je vais te dire. 
— Mais… 
— Il n’y a pas de mais ! asséna-t-elle durement. 
Matée, je répondis, déjà fébrile : 
— Qu’est-ce que tu veux ? 
— Ah ! j’aime mieux ça ! 
— Cécile, qu’est-ce que tu me prépares ? 
— Oh ! la vilaine petite impatiente !… Tu m’écoutes ? 
— Oui, bien sûr, tu le sais bien. 
— Alors voilà, répète après moi : je ne suis qu’une salope. 
— Mais… 
— Répète ! trancha-t-elle. 
— Je… je ne suis qu’une salope. 
— Une débauchée. 
— Une… débauchée. 
— Une sale pute, une pétasse. 
— Une sale pute, une… une pétasse. 
— Je ne pense qu’à montrer mon cul à des obsédés… 
— Je ne pense qu’à montrer… Cécile, arrête, ça suffit ! 
— Obéis ! fit-elle, implacable
J’étais toute tremblante, au bord des larmes et… sérieusement excitée. 
Je ne pense qu’à montrer mon cul aux obsédés. 
— J’aime que des sales vicieux me reluquent en bandant comme des porcs, qu’ils aspergent mes seins de leur sperme… j’adore ça ! 
— J’a… j’adore ça. 
— Et je serai punie pour toutes les cochonneries auxquelles je pense. 
— Oui, je serai punie. 
— Ne bouge pas, ma gosse, on arrive ! 
Elle raccrocha. J’étais bouleversée, et dans un état d’excitation peu ordinaire. Fort heureusement, je n’eus plus à attendre bien longtemps : j’entendis bientôt le vrombissement de la moto de François. Je me précipitai à la fenêtre et aperçus Cécile qui dégageait son abondante chevelure du casque tandis que François inclinait la superbe Harley sur sa béquille. Je sentis les battements de mon cœur s’accélérer. Je frémissais d’impatience et d’appréhension. Je me tenais derrière la porte lorsque retentit le coup de sonnette. J’ouvris aussitôt. Cécile entra la première. La tenue de motard, tout en cuir noir, lui seyait tout particulièrement, lui conférant un petit côté amazone qui me paraissait tout à fait approprié. 
François entra à son tour. Il me saisit aussitôt par la taille, m’attira à lui et me baisa les lèvres, lentement, avec une sensualité appuyée. Mon cœur cognait dans ma poitrine, je m’abandonnais à la douceur de son baiser qu’il prolongeait à loisir. Je savourai le frémissement de mes seins s’écrasant sur son torse. C’est là une sensation que j’affectionne. Je laissai glisser ma main vers son entrejambe afin de vérifier l’état de son excitation, mais mon mouvement fut interrompu par la poigne de Cécile qui, s’étant emparée de mon bras, me fit pirouetter sur place. Je me retrouvai face à elle, surprise et désemparée. 
— Chaque chose en son temps ! affirma-t-elle, autoritaire. Tu nous sers à boire ? poursuivit-elle tout en se dirigeant vers le salon. Elle se laissa choir nonchalamment sur le canapé. François la rejoignit et occupa le fauteuil contigu. Il affichait ce petit air amusé qui, souvent, préludait à nos jeux. 
Je m’empressai de remplir les verres, ajoutai les glaçons et amenai le tout sur un petit plateau que je déposai sur la table basse devant le canapé. 
Cécile ne me quittait pas des yeux. Elle avait l’air dur, et je m’attendais à en voir de toutes les couleurs, ce qui alimentait mon excitation. Elle trempa ses lèvres dans le gin-tonic que je lui avais servi, puis elle commanda : 
Tu vas faire ce que je te dis maintenant, OK ? 
J’acquiesçai d’un bref hochement de tête. 
— Tu vas nous faire un ‘strip’ en règle. Tiens, mets ceci. 
Elle me tendit un CD. C’était la musique du film Erotica de Paul Raymond. Aussitôt que j’eus placé le CD sur la platine, la langoureuse musique de Steve Gray se fit entendre. Je pris le temps de me laisser gagner par l’humeur et le rythme. Je me dandinais doucement, les yeux mi-clos. Je vins me placer non loin de François, bien en face de lui, et, sans le quitter des yeux, me mis à remonter lentement mon pull. J’observais ses réactions. Il me regardait, l’œil allumé, tout en sirotant son whisky. Je passai le vêtement par-dessus ma tête, le lançai sur ses genoux, puis m’approchai de lui. J’avais le souffle rauque et les joues en feu. Je passai ma langue sur mes lèvres et, tout en continuant à me dandiner, je promenai mes mains sur tout mon corps en une longue caresse fluide et souple. J’étais à présent tout près de lui qui me mangeait des yeux. Je relâchai la fermeture de ma minijupe puis laissai glisser le vêtement le long de mes cuisses jusqu’à ce qu’il formât un petit tas sur le sol, aux pieds de François. Je fis pigeonner mon soutien-gorge, sachant qu’il adorait ça. Je sentis croître mon émotion sous son regard admiratif. Il se redressa à demi, se rapprochant de mon ventre qui était à hauteur de son visage. Je pointai agressivement mon pubis vers l’avant tout en me caressant le haut des cuisses. Je remarquai la bosse qui distendait son pantalon. Je me penchai afin de mieux exhiber mes seins. Je me retournai ensuite et m’inclinai vers le sol afin de le laisser reluquer mes fesses à loisir. Me redressant, je lui fis à nouveau face et continuai à ondoyer au rythme langoureux de la musique. 
Lorsque je fis le geste de dégrafer mon soutien, il se leva. Je crus qu’il allait se jeter sur moi, mais il n’en fit rien. Je n’eus pas le temps de poursuivre mon geste : je sentis une poigne vigoureuse me saisir les poignets. Cécile me maintenait captive, me serrant fort. Elle tira mes bras vers le haut pendant que François m’attrapait par les jambes et me soulevait. Ils m’emmenèrent vers le hall d’entrée et me maintinrent immobile, face au miroir. Cécile avait passé une sorte de cordon de soie autour de mes poignets réunis. Elle attacha l’extrémité du cordon au tuyau d’arrivée d’eau qui courait au plafond, m’immobilisant ainsi, les bras levés, dans la position de la prisonnière enchaînée. 
Tout cela s’était passé très vite, sans qu’un mot fût échangé. Je ressentais une vive excitation à la vue de mon corps quasiment nu ainsi livré à de prévisibles sévices. Je frémis d’une délicieuse angoisse : j’étais l’esclave soumise qui allait recevoir son châtiment. Je sentis mon entrejambe ruisseler. Cécile s’approcha de moi, l’air cruel, elle arracha mon soutien avec une sauvagerie calculée. Presque en même temps, je sentis des doigts effleurer ma vulve. D’un coup sec, François arracha mon slip. J’étais entièrement nue à présent, totalement livrée à mes bourreaux. J’étais au comble du bonheur et de l’excitation ! Cécile me fixa d’un air sadique, elle s’empara d’un de mes seins et l’écrasa en resserrant ses doigts comme une pince à sucre. Je poussai un petit jappement de douleur, ce qui la fit sourire. François s’était assis sur le sol, à mes pieds, il se mit à me lécher la vulve à grands coups de langue gourmands. Je gémissais de plaisir. Cécile s’éloigna. Je ne la vis plus pendant un moment. Brusquement, François se retira, je me sentis frustrée à la perte de la délicieuse caresse. Je ressentis soudain une vive douleur sur la fesse droite : Cécile venait de m’administrer une claque retentissante. 
Voilà pour toi, salope. Pour toutes les cochonneries que tu t’es permises. Dépravée, sale pute ! 
Elle réitéra plusieurs fois son geste, puis vint se placer devant moi et me toisa avec mépris. 
Demande ! asséna-t-elle. 
Quoi ? fis-je, soumise et tremblante, les fesses en feu. 
— Ce que tu mérites
Elle me regardait d’un air dur, presque cruel. 
— Baise-moi ! fis-je, sur le souffle. 
Non ! Tu dois d’abord payer ! 
Oui, dis-je, oui, bien sûr ! Punis-moi ! Frappe-moi ! 
Cécile me présenta sa main à demi ouverte. Je fixai ses ongles, d’une redoutable longueur, impeccablement manucurés. Après une brève hésitation, elle me gifla sans ménagement. Humiliée et ravie, je me mordis les lèvres jusqu’au sang. En même temps, je sentais les mains de François qui pétrissaient mes fesses, il les écartait afin de révéler mon œillet, de le faire bien apparaître sans y toucher cependant. 
Cécile promenait à présent ses ongles sur tout mon corps en de rapides mouvements tournants. Ma chair était à présent toute zébrée et rougie. Je frémissais de douleur et d’excitation. C’était un curieux mélange de détresse et de jouissance. Je me tortillais dans tous les sens, pointant mon cul vers l’arrière pour présenter mon œillet dilaté aux attouchements de François, tout en cherchant à me soustraire à l’agression des ongles de Cécile. Brusquement, tous deux s’écartèrent de moi, me laissant pantelante et surprise. 
Et maintenant, fit Cécile, demande ! 
Ils se tenaient tous deux en face de moi, rouges et haletants eux aussi, bien excités, mais immobiles et résolus. 
Je me fis suppliante : 
Cécile, ma chérie, caresse-moi… 
Inutile d’y penser, tu ne le mérites pas, salope ! 
— C’est vrai, tu as raison, punis-moi encore. 
Cécile s’approcha, menaçante. Elle me parcourut du regard, comme si elle cherchait sur quelle partie de mon corps elle allait exercer Dieu sait quels sévices que je redoutais et appelais tout à la fois. Son regard s’attarda longuement sur ma poitrine. J’attendais qu’elle s’emparât à nouveau d’un de mes seins pour le pétrir ou le griffer. Mais elle n’en fit rien. Elle avança pourtant ses mains ouvertes telles les serres d’un oiseau de proie dans la direction de mes globes comme si elle allait les étreindre. Ma chair meurtrie aspirait à une caresse ou une douce violence. Voulant provoquer le contact qui ne se faisait pas, je me cambrai, rentrai mon ventre au maximum, faisant ressortir mes côtes tout en poussant mes seins vers les mains toutes proches, pour mieux m’offrir. 
Tu aimerais que je caresse tes seins, hein, pouffiasse ? 
Rougissant sous l’insulte, je minaudai : 
Oh oui ! Je t’en prie, Cécile, hhh… caresse-moi ! Pelote-moi, malaxe mes seins, pétris-les, j’adore ça ! Hhh… Ne me fais pas attendre, j’en crève d’envie… hhh… gifle mes seins, triture-les, écrase-les, vas-y, allez ! 
J’étais en transes, folle de désir, d’excitation, je mouillais comme une chienne. Soudain, avec une extrême vigueur, Cécile plaqua ses deux mains sur mes seins tendus à se rompre, m’arrachant un cri de satisfaction et de douleur ; puis elle se mit à les pétrir avec violence, elle les écrasait l’un sur l’autre, décrivant de grands cercles sur mon torse. Elle se mit ensuite à lacérer ma chair au moyen de ses ongles tranchants. La douleur fut vive. Je m’abstins de crier toutefois, et, moitié par défi, moitié par jeu, je soutins son regard. Je vis son œil trembler légèrement. Elle enfonça ses ongles dans ma chair endolorie, juste à hauteur des mamelons. Je jouis sur le coup. 
Tu aimes ça, hein, sale garce ! Putain, roulure, salope, cochonne ! 
— Oui, oui, c’est vrai, j’adore ça ! Continue. 
Cécile se remit à pétrir mes seins qui tressautaient de plaisir sous ces délicieuses agressions. 
Je sentis un fuseau brûlant se glisser en moi : François venait de me pénétrer par derrière. Il n’eut aucun mal à se loger tout au fond de moi dès le premier assaut. Il me griffait le ventre tout en me besognant vigoureusement. Je jouis presque aussitôt, plusieurs fois consécutives. François se retenait, il me semblait que son pénis n’arrêtait pas de gonfler en moi, c’était hallucinant. Je me laissai ainsi besogner un long moment, puis, prise d’une impulsion subite : 
François, mon amour, asperge-moi !.. Je veux que tu jouisses sur mes seins, que tu m’asperges de ta substance, que… hhh… ah… ah…. 
J’avais littéralement crié cette dernière phrase d’une voix rauque, et les mots qui avaient fusé de ma bouche, et qui me semblaient avoir été prononcés par une étrangère, me procurèrent un surcroît d’excitation tant ils trahissaient mon trouble à mes propres oreilles. 
François se retira d’un coup et vint se placer aux côtés de sa sœur. 
J’adore te voir ainsi, fit soudain Cécile qui me mangeait des yeux. J’aime quand ton œil chavire de cette façon, quand tu respires comme une chienne essoufflée, quand tes lèvres se retroussent sur tes dents, quand tes ailes de nez frémissent ainsi, quand tu pues le foutre, quand tu trembles de désir, quand tu donnes des coups de bassin dans le vide comme tu le fais maintenant, quand tout ton corps crie vers nous, comme ça, quand tu dégoulines de foutre. Tu es si belle et si fragile. Ma salope, mon amour ! N’y tenant plus, Cécile entreprit de se débarrasser de sa tenue de moto. François me détacha les mains et, recueillant mon corps frémissant entre ses bras puissants, il m’allongea sur le tapis. Cécile, entièrement dénudée, plaqua son corps enfiévré sur le mien, se frottant à moi, cherchant à ce que le plus de chairs possible entrent en contact. C’était délicieux. Très vite, elle se glissa vers ma vulve et se mit à me lécher les lèvres à grands coups de langue vorace. Elle engloutit mes grandes lèvres, les maintenant dans sa bouche pour les broyer entre ses dents. En même temps, elle insinuait un doigt décidé dans mon trou du cul. François se plaça à califourchon sur moi et se mit à se branler sous mes yeux. 
Dominique, mon amour, que tu es belle ! 
Il se mit à promener son phallus, en proie à une phénoménale érection, sur tout mon torse, puis il le glissa entre mes seins. J’enfermai aussitôt le membre turgescent entre mes globes en les appuyant l’un sur l’autre. Je massai son pénis avec mes seins ainsi écrasés. Je contemplais, fascinée, le volumineux champignon violacé qui apparaissait puis disparaissait entre mes globes luisants, au rythme de ses allées et venues. Je frémissais d’impatience de voir jaillir le liquide blanc du méat béant tout congestionné. J’attendais de voir sa semence se répandre sur mes seins, sur mes lèvres, pénétrer dans ma bouche. 
Va-y, lui dis-je, suppliante, jute ! Asperge-moi de ton foutre, gicle-moi au visage ! 
Il se mit à promener son sexe tout vibrant, au bord de l’explosion, à la surface de mes seins et à leur distribuer une série de coups de boutoir, comme s’il cherchait à les pénétrer. Cécile était en train de me torturer le clitoris, le suçant avec une implacable fermeté tandis que son doigt, fouillant mon anus, s’y livrait à une sarabande effrénée. Je me sentis entrer en une lente et longue jouissance. 
Le mouvement de François se suspendit d’un coup, son pénis sembla prêt à éclater, et, soudain, je vis jaillir du méat turgescent une longue giclée de foutre qui se répandit sur mon visage, jusque dans mes cheveux ; dont une partie pénétra directement dans ma bouche, et dont le reste se mit à ruisseler le long de mes joues et dans mon cou. Plusieurs autres giclées s’ensuivirent aussitôt qui inondèrent mes seins. François jouissait comme un fauve, poussant une sorte de feulement sauvage. Son orgasme décupla le mien, déjà en route depuis un bout de temps, et je pris un plaisir intense à voir ainsi ce beau garçon jouir sur moi, à cause de moi, par moi et pour moi. 
Il s’affaissa sur le côté et se mit à me caresser lentement les cuisses. Le visage de Cécile, écarlate et haletant m’apparut. Elle me souriait d’un air étrange. Elle se mit à lécher le sperme de son frère tout en l’étalant sur mes seins. Elle me fixa, sut que j’étais toujours en train de jouir, et vint s’asseoir littéralement sur mon visage. Elle imprimait à son bassin de grands mouvements de va-et-vient. Je me rivai à elle, mordillai puis léchai ses lèvres, agaçai son clito par de petits coups de langue aigus et rapides ; je la sentis se raidir et, soudain, je vis sourdre son gel d’amour que je recueillis avec avidité. M’emparant de ses fesses, j’entrepris de lécher avidement tout son entrejambe luisant de mouille. Elle n’en finissait pas d’émettre son jus chaud et poisseux que je buvais avec délectation. Elle vint me lécher le menton, le nez, les joues ; elle me regarda un instant, avec une rare intensité, l’œil vitreux, mis clos, elle jouissait encore elle aussi. 
Dominique, qu’est-ce que je t’aime ! fit-elle, haletante. Elle m’embrassa et nos salives se mêlèrent à nos sécrétions. François s’approcha à son tour, et, prenant le relai, se mit en devoir de nous baiser les lèvres à toutes deux, passant rapidement de l’une à l’autre. C’était comme un délire à trois. 
Peu à peu nos mouvements se ralentirent, et nous nous retrouvâmes blottis, une nouvelle fois, apaisés et hagards, collés ensemble par nos sécrétions mêlées, enlacés tels des plantes sauvages, comme si plus rien jamais ne pourrait nous séparer. 
 
23. Kristin 
La première fois que j’entendis parler de Kristin, j’eus un étrange pressentiment, une intuition plutôt, à la fois intense et imprécise : le sentiment que j’allais vivre, en agréments ou en déplaisirs, des moments forts. Pourtant, rien n’était venu étayer ce bizarre avertissement. Je ne rejetai d’ailleurs pas l’hypothèse que, pour une fois, je pouvais bien m’égarer. Étrange tout de même cette alerte à propos de quelqu’un je ne connaissais absolument pas. Je m’étais donc contentée de réagir à la description, certes détaillée, que m’en avaient faite Cécile, puis François. Description flatteuse, trop peut-être. « Beauté époustouflante, humour, esprit de répartie » (ses ripostes étaient, paraît-il cinglantes et toujours appropriées), « charme certain », et j’en passe… Telles étaient les qualités que Cécile et son frère avaient évoquées devant moi avec une complaisance qui avait probablement contribué à me mettre ainsi sur le qui-vive. 
J’avais hâte de rencontrer l’oiseau, non par véritable curiosité, mais plutôt pour mettre un terme à cette incertitude vaguement angoissée qui m’accompagnait désormais. Relation de travail de Cécile, Kristin était en passe de devenir une copine et, dès lors, de pénétrer dans le cercle — ô combien restreint — des fréquentations de notre trio. Cécile n’avait pas manqué, avec sa perspicacité coutumière, de noter le peu d’enthousiasme avec lequel j’avais accueilli la description flatteuse qu’elle m’avait faite de sa nouvelle copine. 
— Jalouse ? me lança-t-elle à brûle-pourpoint. 
— De quoi parles-tu ? ripostai-je, mollement. 
— Ne fais pas l’innocente : de Kristin, voyons ! 
— Comment pourrais-je l’être, je ne la connais pas !… Qu’est-ce qui te fait dire ça ? 
— Tu as ce regard aigu que je connais bien et qui m’en dit long. 
— Bah ! fis-je, désinvolte, nous verrons bien ! 
Cécile n’insista pas. Kristin resterait donc, pour un temps indéterminé, une énigme. Je décidai de m’interdire de forger un quelconque a priori. En attendant… 
 
 
o o O o o 
 
La semaine suivante, Cécile m’appela à mon cabinet. 
— Dom, ma chérie, j’ai un petit ennui. 
— Dis-moi. 
— Tu sais ma copine Kristin ?… 
— Oui ? Je sentis les battements de mon cœur s’accélérer. Cette réaction irrationnelle et que rien ne justifiait m’irrita. 
— Elle habite un bungalow à dix minutes de chez nous, et elle m’offre deux stères de bois pour le feu ouvert, c'est génial, non ? 
Ah, oui ! bien, fis-je, sans réel enthousiasme. 
Tu imagines les chouettes soirées à rêvasser devant une belle flambée ! 
Bien sûr ! 
— Le problème est que le break de maman est en panne. Est-ce que tu crois que Roger pourrait nous prêter sa camionnette ? 
Roger était un copain avec qui j’avais suivi ma formation de kiné et que je revoyais de temps à autre. Très amoureux de moi à l’époque, il avait fini par se contenter, faute de mieux, d’une amitié bon enfant et de rapports purement platoniques. Je parvenais, Dieu merci, à éviter les tête-à-tête et ce n’est qu’à l’occasion de sorties en groupe qu’il nous arrivait de nous voir. La petite lueur trouble, toujours présente dans son regard, m’indiquait clairement qu’il en pinçait toujours pour moi. Je savais qu’il s’efforçait à la discrétion, et qu’il tentait — bien vainement — de rendre imperceptibles ses nombreuses œillades vers ma poitrine ou mes cuisses. Je n’avais nulle intention de le faire souffrir, simplement, Roger ne m’inspirait guère. Ses manières pataudes, son manque absolu de tact, son goût immodéré pour le foot, ses plaisanteries graveleuses, tout cela me tenait à respectueuse distance de ce jeune homme, par ailleurs dégoulinant de gentillesse et d’une fidélité de cocker. 
J’avais failli céder à un mouvement proche de la pitié, un jour où il s’était montré particulièrement attentionné, ne pouvant s’empêcher de me déshabiller du regard, l’œil trouble, pantelant, visiblement malheureux. Je me préparais à me laisser faire ; je me disais que lui accorder — une fois, une seule — ce qu’il semblait désirer si fort, le calmerait peut-être. Voyant que je ne le rabrouais pas, contrairement à l’habitude, il s’enhardit et posa sur ma cuisse dénudée une main moite et légèrement tremblante. Le contact de la chair molle et humide suffit à me réfrigérer. Je me dérobai alors vivement sous je ne sais plus trop quel prétexte. L’adorable garçon arriva à ne me pas m’en vouloir. 
Lorsque j’appelai Roger à propos de la camionnette, il offrit aussitôt de venir ranger le véhicule devant chez moi afin de m’épargner un déplacement. J’eus beau protester, il tint absolument à me faire ce plaisir. 
 
 
o o O o o  
 
Ce soir-là, je venais de remonter à mon appartement après une journée bien remplie, lorsque retentit le grelot de la porte d’entrée. Roger, souriant, légèrement essoufflé, se tenait dans l’entrebâillement de la porte. 
Voilà ! fit-il en brandissant puérilement un jeu clés, j’ai fait le plein, le bahut est juste en face ! 
— Merci Roger, tu es sympa !… Je la rapporte demain soir. 
— Tu peux la garder tout le week-end, je n’en ai pas besoin. 
— Sûr ? 
— Certain ! Écoute, je passerai la récupérer dimanche soir, disons vers huit heures… Ça te va ? 
— Bon, si ça te convient, c’est d’accord… Je ferai le plein… 
— Mais non, tu me paieras un verre, à l’occasion. Allez, salut, je file. 
Il me gratifia d’un baiser mouillé sur la joue, sonore et maladroit comme à l’accoutumée. Son regard était embué, il était tout fébrile. À sa façon de danser d’un pied sur l’autre et à la manière presque douloureuse dont il reluqua mes seins avant de disparaître dans la cage d’escalier, je sus qu’il bandait. Le pauvre, il faudra vraiment que je prenne sur moi de lui faire une petite gâterie à l’occasion. 
 
 
o o O o o 
 
Lorsque je rangeai la camionnette devant la maison de Cécile, juste derrière la superbe Harley de François, j’étais en proie à un sentiment inaccoutumé : une sorte de mélange de curiosité, d’agacement et d’appréhension. J’étais déjà sur le perron, prête à donner le petit coup de sonnette convenu, lorsque le lourd portail s’ouvrit sur une Cécile radieuse et particulièrement enjouée. Derrière elle, une grande brune, superbe, souriait à pleines dents, me mangeant des yeux. On eût dit une tigresse. Avec mon short à ras des fesses et mon t-shirt moulant, je me sentais presque nue sous ce regard inquisiteur. C’était indéniablement une belle fille : une longue chevelure auburn encadrait un visage régulier au menton volontaire, légèrement prognathe, ce qui accentuait son côté résolu, voire sauvage. Des lèvres charnues s’ouvraient en un sourire gourmand sur deux rangées de grandes dents d’une blancheur étincelante. Le nez, légèrement busqué, lui donnait le profil conquérant. Les yeux, d’un brun très pâle, presque jaune, lui conféraient un regard des plus étranges : à la fois pénétrant et velouté. Un regard de fauve. Il émanait de toute sa personne une vigueur exceptionnelle. Elle était nantie d’un corps magnifique, susceptible d’engendrer chez la plupart des hommes les idées les plus lubriques. Athlétique, elle avait une silhouette élancée et de longues jambes bien sculptées. Une poitrine aux belles proportions gonflait avantageusement un chemisier blanc taillé dans une toile des plus fine. Elle portait une minijupe de velours d’un vert tendre. Le vêtement se boutonnait sur le devant et était serré à la taille par une large ceinture de cuir brun que fermait une grande boucle de cuivre. Mon sentiment de répulsion fut immédiat, viscéral, incontrôlable, arbitraire et absolu. J’aurais pu, j’en étais persuadée, craquer complètement en face de cette beauté rayonnante. Mais à l’admiration que j’aurais pu, sans la moindre peine, éprouver à l’égard de cette belle fille, se substituait un rejet profond, aussi irrationnel qu’impérieux. En réalité, je ressentais un curieux sentiment de danger. 
Dominique, je te présente Kristin, la copine dont je t’ai parlé, annonça Cécile, très femme du monde en l’occurrence. Et elle ajouta, gouailleuse : Kristin avec un « K » et sans « e » final, à la nordique. 
Je pensai, faisant mentalement siffler les « s » : Kristin comme crispant, Kristin comme « Kriss », le redoutable poignard des fameux « Thugs », secte indienne de fanatiques particulièrement meurtriers. Ouh ! je n’aimais pas cette « Krisstinn !… » Déjà, elle me donnait froid dans le dos. 
Enchantée, fis-je, sur un ton convenu, retroussant mes lèvres sur mes dents en un sourire évanescent. 
Cécile m’a beaucoup parlé de vous, affirma Kristin d’une voix chantante qui me parut aussitôt agaçante. Je dus pourtant reconnaître que le timbre, feutré, ne manquait pas de charme, mais ce constat ajouta encore à mon irritation. 
J’allais répondre, sur un ton aigre-doux, lorsque le bruit d’une cavalcade dans l’escalier nous fit tourner la tête : c’était François qui nous rejoignait. Il fonça sur moi et me baisa les lèvres sans vergogne. 
François, ça me fait plaisir de … 
Puis, glissant le long de mon cou : 
Toujours aussi excitante ! me souffla-t-il à l’oreille. 
— Allez, arrête ! lui ordonnai-je, sur le souffle : il s’était mis à me pétrir un sein sans vergogne quoique de façon à n’être pas vu. Je reconnaissais bien là le mélange d’effronterie et de fausse discrétion dont François était friand. 
On y va ? lança Cécile. 
— On y va, répliquai-je, entraînant tout ce petit monde à ma suite vers la camionnette. 
J’ouvris la portière du côté passager. 
Il faudra se serrer, fis-je, fixant Kristin, il n’y a que deux places prévues à côté du chauffeur. 
Qu’à cela ne tienne ! fit-elle en se hissant dans la cabine. 
Cécile et François grimpèrent à leur tour et prirent place, bon an mal an. Cécile laissa François passer son bras par-dessus ses épaules puis se blottit contre son frère, ce qui n’était pas pour lui déplaire. La situation les amusait et ils riaient comme des gosses. 
Je me juchai sur le siège du chauffeur et mis le moteur diesel en route. La camionnette était équipée d’un changement de vitesse au plancher. La longue tige, qui se terminait par un pommeau de plastique noir, tressautait entre moi et mes trois passagers, serrés l’un contre l’autre. Après m’être assurée que la voie était libre, j’engageai le véhicule sur la chaussée. Après quelques instants, l’engin ayant pris une allure suffisante, j’enclenchai la quatrième vitesse. Mes doigts se retrouvèrent prisonniers entre le pommeau du changement de vitesse et la cuisse de Kristin. 
Oh ! pardon, balbutiai-je, confuse, n’osant la regarder. 
Ce n’est rien, fit-elle d’un ton parfaitement calme. Elle écarta sa cuisse du levier des vitesses afin de me permettre de dégager ma main, ce que je fis aussitôt. 
Un bref coup d’œil me permit de me rendre compte de la difficulté que j’allais avoir à manœuvrer : le manque de place avait obligé Kristin à se porter le plus possible vers mon siège. Ce faisant, sa jambe était pratiquement contre le levier des vitesses. À chaque fois que j’aurais à enclencher la quatrième, j’entrerais inévitablement en contact avec la cuisse de Kristin. Cécile se serait-elle installée à la place de Kristin que je m’en serais trouvée ravie : je n’aurais pas manqué de mettre à profit la situation pour me livrer, en toute discrétion, à de furtifs attouchements. Mais il s’agissait de Kristin, pour laquelle j’éprouvais un irrépressible sentiment de répulsion que cette situation ridicule venait encore d’accroître. 
Il me fallut décélérer à l’approche d’un feu rouge. Celui-ci passa au vert avant que je l’eus rejoint, ce qui me permit — ou plutôt m’obligeât — à repasser en quatrième. Je manœuvrai de telle sorte que ma main n’englobât le levier que du côté opposé à la cuisse de Kristin, afin d’éviter au maximum le contact. Et en effet, lorsque la vitesse fut enclenchée, le contact avec la cuisse de Kristin s’était réduit à un effleurement furtif. J’en fus soulagée. 
Cette fois je dus m’arrêter à un embranchement et attendre le passage au vert du feu de signalisation. Cécile et François étaient complètement absorbés par la conversation qu’ils avaient entamée dès le départ et ne nous prêtaient pas la moindre attention, ce qui n’était pas de nature à dissiper mon malaise. Je sentais le regard de Kristin posé sur moi. Je me retins de lui lancer une œillade furibonde que rien — objectivement — ne justifiait. Qu’avais-je à lui reprocher en somme ? Rien !… rien de rien ! Si ce n’est d’être incroyablement belle, élégante, gracieuse, d’avoir l’air hautain, de s’habiller avec beaucoup de goût, d’avoir choisi un parfum envoûtant — j’avais à présent tout le loisir de m’en imprégner — d’être… une femme absolument fascinante et… et… 
Le feu venait de passer au vert, je passai les vitesses et, absorbée par les pensées contradictoires qui tourbillonnaient dans ma petite tête, j’en oubliais de préparer le passage de la quatrième : mes doigts se retrouvèrent en contact avec la cuisse de Kristin. Comme tétanisée, je ne fis rien pour retirer mes doigts. De son côté, elle demeurait sans réaction : elle n’esquissa pas le plus petit mouvement qui m’eût permis de me dégager. Il s’en fallait de peu pourtant, mais elle ne broncha pas. Je rejetai instantanément l’hypothèse qu’elle ne s’était pas rendu compte de ce nouvel attouchement involontaire. C’était sciemment qu’elle laissait sa cuisse en contact avec mes doigts ! Je sentis un picotement que je connaissais bien envahir mon entrejambe. Je me mordis la lèvre : cela me rendait furieuse de me trouver ainsi tirée par mes sens dans la direction opposée de mes sentiments. Mais pendant que ma raison vilipendait cette Kristin, décidément odieuse, mes doigts constataient l’incroyable douceur de sa peau. Je sentis mes seins se gonfler et ma gorge s’assécher. C’était un comble : voilà que je m’embrasais pour cette… cette… 
Une violente bouffée de désir s’empara soudain de mon être entier, je me découvrais pantelante, vaincue à l’avance, humiliée déjà, prête à rendre les armes et à me soumettre à la volonté et aux caprices de cette... de cette merveilleuse créature que je détestais pour me mettre ainsi sens dessus dessous. Kristin ne bronchait toujours pas. Le sang me monta au visage. Je me sentis rougir… à la fois de honte et de désir. J’étais en proie à un bouleversement complet de mes sens. Mon cœur battait à tout rompre, je fixais la route, comme hypnotisée par la bande blanche interrompue à intervalles réguliers. J’eus le sentiment que Kristin, loin de se dérober, accentuait la pression de sa cuisse sur le levier des vitesses, offrant ainsi plus de chair au contact de ma main. Je fus prise de l’envie irrésistible de voir son visage, de me rendre compte de son état, de savoir si elle partageait tant soit peu mon trouble. J’avais l’impression de souffler comme une locomotive tant ma respiration s’était amplifiée, je m’aperçus que j’étais en train d’écraser ma vulve embrasée sur le cuir moite du siège. Il me semblait que mon excitation devait être des plus perceptibles et cela acheva de me jeter dans la plus totale confusion. 
Brusquement, je tournai la tête vers Kristin, m’attendant à recueillir un œil goguenard ou ironique, un sourire hautain, voire méprisant. À ma vive surprise, il n’en fut rien : le visage de Kristin était écarlate, elle avait les joues en feu, la bouche entrouverte, les lèvres humides, l’air égaré, les yeux qui me fixaient sans me voir, le souffle court : elle était dans un état d’excitation intense. Sous le coup, je sentis que je mouillais. Furtivement, elle passa sa langue sur ses lèvres. Sa poitrine se soulevait puis retombait à un rythme rapide. Elle se tenait très droite : je sus qu’elle se cambrait sous l’effet de l’excitation. Je reportai les yeux sur la route. Il était temps : la camionnette, livrée à elle-même, commençait à mordre le bas-côté. Je dominai mes sens en pagaille et parvins à ramener, sans brusquerie, le véhicule sur sa bande de roulement. Écartant machinalement les cuisses pour soulager tant soit peu ma vulve en feu, je sentis mon genou heurter celui de Kristin. Instinctivement, je battis légèrement en retraite, mais le genou de Kristin vint se replacer contre le mien : elle avait suivi le mouvement, elle cherchait à maintenir le contact, c’était délicieux et affolant, j’étais en révolte et enchantée. Je sentis mon désir s’épanouir, je n’avais plus qu’une envie à présent : rechercher le contact avec Kristin, sentir sa peau sur la mienne, la caresser, la… 
Je réprimai un violent sursaut : la main de Kristin venait de se poser sur ma cuisse. Le contact était ferme, résolu : elle écrasait ma cuisse, la palpait avec fermeté, je sentis ses doigts s’enfoncer dans ma chair. Elle avait déployé son anorak sur ses genoux, comme pour se protéger d’un courant d’air, par ailleurs bien réel, ce qui lui permettait de dissimuler ses attouchements. Je frémis de plaisir et écartai machinalement les jambes. Aussitôt, la main, preste et furtive gagna du terrain et se rapprocha de mon sexe. Je haletais à présent, j’étais excitée comme une puce. J’avais toutes les peines du monde à garder le contrôle du véhicule dont j’avais réduit la vitesse. 
Fort heureusement, nous approchions du carrefour donnant accès à la petite route qui allait bien vite nous mener à destination. Je décélérai, à regret, puisque j’allais briser le contact avec la cuisse de Kristin. Profitant d’un tournant vers la droite qui fit se pencher tout le monde à gauche, c’est à dire, vers moi, Kristin glissa carrément sa main sous mon short et ses doigts, que je sentis fébriles, s’insinuèrent jusqu’à ma culotte qui devait être trempée. Je suffoquais. Je tentai d’échapper à la délicieuse emprise des doigts fouineurs en reculant mon bassin : peine perdue, la garce s’insinua plus avant. La camionnette fit quelques embardées : je n’arrivais plus à exercer sur la pédale de l’accélérateur la pression à peu près constante qui convenait. Interrompant leur conversation, Cécile et François tournèrent brusquement leurs visages vers nous.  
Ça va Dom ? questionna Cécile. 
Je sentis monter mon adrénaline. 
Oui… oui, aucun problème… mon… mon pied a glissé, tout va bien. 
Un bref regard vers Cécile confirma ma crainte naissante : elle venait de tout deviner. Il faut dire que Kristin et moi nous trouvions dans une position plutôt scabreuse. Ce n’est pas sans éprouver un vif regret que je sentis la main de Kristin se retirer. J’en éprouvai une sorte de frustration un peu rageuse, rappel de mes premières réactions sans doute. Kristin avait réussi à se donner très rapidement une attitude à peu près normale, faisant mine de rajuster sur ses genoux son anorak en bataille. Je n’osai plus regarder à ma droite, fixant toute mon attention sur la route qui — aubaine ! — se faisait de plus en plus sinueuse. 
La tempête de mes sens s’apaisa quelque peu. 
C’est incroyable ! me dis-je, voilà une fille à qui je n’ai pas dit trois mots, et que je suis prête à laisser me violer ! Une telle chose ne m’était encore jamais arrivée. D’ordinaire, je prenais tout mon temps : lorsque j’éprouvais une attirance pour quelqu’un, je me mettais en observation, je scrutais les réactions de mon éventuel partenaire, tentais de deviner ses goûts, ses penchants, ses travers ; j’en parlais presque toujours à Cécile pour recueillir son avis duquel je faisais grand cas ; je prenais un véritable plaisir à faire durer les préliminaires — qui, parfois, tournaient court — afin de conforter l’attirance, d’en vérifier la réciprocité et la profondeur. Ici, il venait de se passer tout le contraire ! J’en étais furieuse contre moi-même, et, en même temps j’éprouvais une sorte de jubilation impatiente. 
Ah ! nous arrivons, fis-je. 
Au détour de la route, la petite maison rustique venait d’apparaître, à moitié enfoncée dans les arbres. J’immobilisai le lourd véhicule devant la barrière de bois. Les portières claquèrent. Le temps de faire le tour de la camionnette, François avait déjà ouvert le portillon et franchissait le petit chemin rocailleux menant à la porte d’entrée, légèrement surélevée. Kristin lui avait emboîté le pas. Elle jeta un petit regard furtif vers l’arrière avant de rejoindre François. Il me fallut affronter le regard de Cécile qui, après avoir refermé la portière côté passager, était demeurée sur place. Je m’attendais à une remarque cinglante, voire une humiliation ou la promesse d’un châtiment que j’aurais bien mérité. Elle avait son petit air mutin, rehaussé d’un de ces sourires narquois qui faisaient une bonne part de son charme. J’en fus à la fois soulagée et inquiète : je connaissais suffisamment Cécile pour savoir qu’il ne fallait tirer de cette attitude aucune conclusion hâtive. Tout au plus, l’orage ne serait pas immédiat. Me laissant passer devant elle, elle m’attrapa le bras au passage puis, après m’avoir attirée à elle non sans une certaine brusquerie, se serra contre moi, me soufflant dans l’oreille : 
Un joli morceau, hein ?… Tu es déjà sous le charme à ce que je vois… Salope, va ! Attends, tu vas voir
Cécile, je… minaudai-je, ne sachant trop ce que j’allais bien pouvoir dire. 
Ne te fatigue pas, sale garce, allez, avance ! 
J’avais beau avoir en Cécile une confiance absolue, être sûre de son attachement, avoir vécu à cause d’elle les expériences les plus folles, je fus prise de panique : et si je venais de tout gâcher, de tout compromettre entre nous ? Je ne me le pardonnerais jamais ! Je sentis mes yeux se mettre à picoter sous l’agression d’abondantes larmes qui se mirent à ruisseler sur mes joues empourprées. Je tournai vers Cécile un visage qui devait être tragique. Au léger clignement de sa paupière, je sus qu’elle était sensible à ma détresse, mais je savais aussi qu’elle ne ferait rien pour me soulager, du moins dans l’immédiat. Cécile savait trop bien dans quelles transes pouvaient me jeter de semblables émois, et il était clair qu’elle avait décidé d’en profiter cette fois encore. Je devais m’attendre à quelque chose de corsé. 
 
 
o o O o o 
 
Nous étions à présent tous quatre réunis dans la pièce centrale. La demeure était modeste, quoique fort bien meublée. Bahuts rustiques et tables basses en chêne massif rivalisaient avec d’imposants fauteuils club de cuir véritable, passablement usés, il est vrai, mais encore fort convenables. Pendant que François descendait à la cave afin d’en remonter du bois pour le feu ouvert, Cécile attaqua aussitôt : 
On peut dire que vous n’avez pas perdu de temps, vous deux ! asséna-t-elle en fixant résolument Kristin dans les yeux. 
Malgré sa haute silhouette et sa belle carrure — Kristin nous dominait toutes deux par sa taille — elle prit un air coupable et entreprit de se justifier telle une gamine prise en faute : 
Je… je ne sais pas ce qui m’a pris… Je… j’ai trouvé Dominique si attirante, j’étais réellement bouleversée… Ça ne m’était jamais arrivé… je… 
Elle tourna son regard vers moi et je pus lire dans ses yeux embués une sorte de désir douloureux et éperdu. Elle avait perdu tout de sa superbe, je m’en trouvai bouleversée. Cette grande et belle femme en train de s’excuser d’avoir perdu un instant les pédales, cela avait quelque chose d’incongru. Un bruit sourd sur le sol me fit reprendre mes esprits. Je tournai la tête et vis François qui me jeta une œillade goguenarde avant de se mettre à empiler des bûches par-dessus le cône de brindilles, savamment disposées, au cœur duquel il avait enfermé quelques feuilles de papier froissé. Le craquement d’une allumette se fit entendre, et une belle flamme jaune jaillit de l’âtre. Je revins à Kristin. 
Ça n’est vraiment pas dans mes habitudes, moi non plus, fis-je d’une petite voix feutrée. 
Dominique, je vous prie de m’excuser, balbutia Kristin, je… 
Cette déclaration me procura une vive émotion. 
Bien ! trancha Cécile, François et moi allons vous laisser vous expliquer calmement entre vous ; nous allons au village chercher ce qu’il faut pour le dîner. Simplement, si vous pouviez veiller à alimenter le feu. 
Je crus percevoir dans le ton de Cécile quelque chose comme de l’amusement, ce que ne démentit en aucune façon l’œillade presque coquine qu’elle m’adressa avant de se tourner vers François. 
Tu viens, grand ? fit-elle. 
Voilà ! répliqua-t-il. Le feu est bien parti. J’ajoute une bûche et… bien, nous pouvons y aller. 
En passant devant moi, il me lança un clin d’œil appuyé. Il avait ce petit sourire équivoque que je connaissais bien, prélude, le plus souvent, à quelque diabolique invention. J’esquissai un vague sourire et les regardai partir, presque avec détresse. 
Me retrouver seule en présence de Kristin me mettait plutôt mal à l’aise tant en raison des sentiments contradictoires que j’avais éprouvés pour elle qu’à cause de ce brusque assaut de sensualité qui nous avait embrasées l’une comme l’autre. Nous étions là, toutes deux, penaudes, à ne pas oser nous regarder, debout au milieu de cette pièce d’un autre âge. 
Les bûches, assaillies par les premières flammèches gesticulantes, s’étaient mises à crépiter. 
Attirée par la chaleur et la majesté du feu naissant, je me laissai choir sur un pouf non loin de l’âtre et fixai les flammes grimaçantes. 
Kristin fit de même et s’assit sur le bord du canapé, proche du feu lui aussi. Nous restâmes un temps immobiles et silencieuses, comme hypnotisées par la flambée qui se faisait triomphante. 
Je tournai enfin mon regard vers Kristin. Elle me regardait d’un air triste. 
Dominique, commença-t-elle, je… 
Non, l’interrompis-je, ne dites rien. Sans réfléchir, j’avais avancé vers elle une main qui vint se poser sur sa cuisse, juste au-dessus du genou. Le contact avec sa peau, si soyeuse, si ferme, ralluma aussitôt mon désir, de manière aussi imprévue qu’irrésistible. 
La chose devait être tangible, car je sus aussitôt que Kristin avait perçu mon émoi. Je sentis les muscles de sa cuisse se raidir un instant au contact de mes doigts. Son regard se fit plus brillant. 
Dominique… je sais votre attachement pour Cécile et je… 
Kristin ! coupai-je, vous… vous êtes superbe ! 
Sur le moment, je ne sus si c’était la chaleur du feu conquérant, un assaut de timidité ou une bouffée de désir qui venait d’empourprer le visage de Kristin. Je fus vite fixée : elle se mit à respirer plus fort, plus vite. 
Dominique, fit-elle, d’une voix rauque, vous… vous êtes si belle ! C’est incroyable ce qui m’arrive. Il émane de vous quelque chose de… de si… de si sexuel, c’est… c’est vraiment extraordinaire. Je… je n’arrive plus à me contrôler ! Je… je suis comme envoûtée ! Ça ne m’était jamais arrivé. 
Délaissant le coin de canapé sur lequel elle était assise, elle se laissa glisser sur le sol et se rapprocha de moi, haletante, les joues en feu, le souffle court. Son beau visage allongé dansait à la lueur changeante des flammes. Cela avait quelque chose de fantastique. Elle était toute frémissante, en proie à un désir incoercible. La chaleur devenait réellement forte et mon t-shirt était tout chaud à présent. Je me rendis compte que j’étais brûlante. Je sentis mes seins se gonfler. Je sus que je ne pourrais plus résister : je me tournai résolument vers Kristin et me cambrai, offrant ma poitrine à cette femme superbe qui se traînait, éperdue, à mes pieds. Basculant sur le sommet de mes fesses, je pointai mon pubis vers l’avant tout en écartant les cuisses. 
Je réprimai un petit cri de surprise et de plaisir lorsque je sentis les deux paumes de Kristin se poser sur moi. Elle me mangeait des yeux. Ses mains se mirent à parcourir l’intérieur de mes cuisses écrasées sur le pouf. Son regard parcourait tout mon corps, elle avait le visage grave, tendu. Ses yeux enfiévrés remontaient de mes cuisses à mon visage en s’attardant sur ma poitrine qui, toute gonflée à présent, se faisait douloureuse, enfermée dans son soutien. Brusquement, elle se jeta sur moi, sa bouche vint fouiller mes seins à travers le tissu du t-shirt, pendant que ses bras enserraient mes cuisses. Sous le choc, je faillis basculer vers l’arrière, mais je parvins à me maintenir assise sur le pouf. Ses doigts pétrissaient mes fesses avec une rare vigueur. C’en était presque douloureux. Je me dégageai de cette étreinte excessive en me mettant debout. Aussitôt, Kristin, s’agenouillant à mes pieds, enserra mes genoux et leva vers moi un regard suppliant. 
Montre-toi, fit-elle soudain, d’une étrange voix sifflante, montre comme tu es belle, montre-toi, laisse-moi t’admirer, te contempler, t’adorer… 
Sa frénésie devait m’avoir gagnée, car je lui obéis : croisant les bras pour le saisir par le bas, j’entrepris de me débarrasser de mon t-shirt. Je fermai un instant les yeux au passage du vêtement à hauteur de ma tête. Lorsque je les rouvris, j’avais le visage de Kristin à quelques centimètres du mien. Elle fixait mes seins, les yeux agrandis par l’excitation. 
Qu’est-ce que tu es belle ! murmura-t-elle d’une voix étrangement grave. 
Ma poitrine, enfermée dans son soutien, palpitait d’impatience, comme si elle savait les délices qui lui étaient promis. Emplissant mes poumons, je tendis fièrement mes globes vers Kristin qui s’en empara aussitôt. Elle soupesa mes melons frémissants, s’amusa à les rapprocher pour les faire saillir au contact l’un de l’autre. C’était là le genre de caresses dont je raffole : j’étais aux anges. 
Je me passai les mains dans le dos et dégrafai mon soutien. Libérés, mes seins firent un petit bond vers l’avant en direction du visage de Kristin qui s’était penchée pour les recevoir. Elle se mit immédiatement à malaxer ma poitrine avec vigueur. Elle haletait, en proie à une excitation majeure. Elle se mit à lécher mes globes à grands coups de langue gourmands. J’enserrai mes seins de mes mains afin de les lui offrir. J’accompagnai ses coups de langue en promenant ma poitrine sous ses lèvres. C’était délicieux, j’étais surexcitée, j’adorais ! 
Dieu que c’est bon ! fit-elle. 
Je fus pris d’une envie de découvrir à mon tour le corps de mon impétueuse partenaire. Tout en la laissant pétrir ma poitrine, ce à quoi elle s’employait avec vigueur, j’approchai mes mains de la fine chemise de la belle brune. Interrompant son labeur, elle me fixa d’un regard embrasé. Elle laissa glisser ses mains sur mes cuisses qu’elle se mit à caresser lentement. Elle se cambra pour mieux me présenter sa poitrine. Elle se mordit la lèvre inférieure tout en fermant les yeux lorsque je posai mes mains sur ses seins. Ils se révélèrent d’une incroyable fermeté. Je craignis qu’ils ne fussent siliconés et, de ce fait, réduits à l’état de blocs de marbre insensibles. Le chemisier déboutonné révéla deux rondeurs parfaites, se soulevant en cadence au rythme de l’excitation d’une Kristin au bord de l’extase. Le vêtement se dégrafait par l’avant, je n’eus donc aucune peine à rendre aux seins de Kristin une liberté à laquelle ils semblaient aspirer avidement. Un effluve de son parfum capiteux vint fouetter mes sens en éveil. La poitrine qui se révéla alors à mes yeux confinait à la perfection : les mamelons, durs, bien dressés par l’excitation, se dressaient fièrement au milieu de larges aréoles, parfaitement dessinées, d’une régularité exemplaire. Je me mis à caresser lentement les seins épanouis, d’une consistance parfaitement naturelle, les effleurant tout d’abord, puis, précisant mon mouvement, je me mis à les pétrir avec fougue, arrachant à Kristin de petits couinements aigus. La peau était aussi douce que souple et les aréoles d’une rare finesse. Kristin eut un frisson lorsque je posai un doigt inquisiteur sur la peau délicate. Je décidai de mieux en éprouver la texture au moyen de ma langue. La surface nacrée était délicieusement douce et lisse. Je m’y attardai, distribuant une série de petits coups de langue vifs et aigus qui produisirent sur Kristin un effet immédiat : elle frissonnait et semblait comme parcourue de décharges électriques. S’abandonnant, elle se laissa aller en arrière sur le canapé. Je m’allongeai sur elle, glissant entre ses cuisses une jambe qu’elle enserra aussitôt avec force. Je me lovai contre elle et elle m’enserra dans ses bras, écrasant mon corps sur le sien, comme si elle tenait à établir la plus grande surface de contact possible. Nos seins se trouvaient à même hauteur, écrasés les uns contre les autres en une délicieuse pression. Kristin se mit à ondoyer légèrement ce qui permit à nos corps de glisser l’un sur l’autre en une sorte de danse lente et enivrante. C’était divin ! 
Après quelques instants, je me soulevai légèrement, promenai mes seins de façon à ce que mes mamelons viennent effleurer délicatement la peau de Kristin qui gémit de plaisir. Je descendis vers son ventre sur lequel je m’attardai quelques instants, puis, changeant de position, j’entrepris d’explorer l’entrejambe de ma délicieuse partenaire. La jupe étroite était toute dérangée. Je n’eus aucune peine à la déboutonner. D’un geste preste, je fis glisser la fine culotte de Kristin le long de ses admirables cuisses souples et soyeuses. Saisissant ses genoux, j’écartai résolument ses cuisses musclées. Elle pointa aussitôt son pubis vers l’avant en une quête sans équivoque. Sa vulve, énorme, s’étalait sous mes regards admiratifs et émus : un plat de roi, ou plutôt, de reine, en l’occurrence. Le triangle velu était, lui aussi, d’une belle taille et bien fourni ; avisant les lèvres charnues qui se révélaient à ma vue, je décidai d’entamer l’exploration de la tendre caverne. Une bave gluante et délicieusement odorante garnissait la toison en bordure de l’orifice béant. J’eus un léger sursaut en découvrant le clitoris : un véritable petit phallus ! Je n’en avais jamais vu d’aussi développé, c’était impressionnant. Kristin poussa un petit cri lorsque, de la pointe de ma langue, j’effleurai le bouton épanoui. Je me mis à masser la petite hampe qui frétillait entre mes doigts. J’eus le sentiment que, sous mes caresses, elle enflait encore. N’y tenant plus, je me mis à la sucer tout de bon. Kristin se mit à gémir de façon ininterrompue, soulevant son bassin pour mieux s’offrir. J’avais passé mes mains sous ses fesses que je pétrissais vigoureusement, afin de m’assurer une bonne prise, ce qui me permettait de continuer à suçoter sa friandise tout en accompagnant ses mouvements désordonnés. Je m’interrompais de temps à autre pour lécher goulûment les lèvres charnues : c’était un sacré travail ! 
Kristin haletait à présent comme une chienne essoufflée, je me mis à mordiller ses grandes lèvres puis à les étirer : elles étaient incroyablement élastiques et souples, et j’avais fort à faire pour que tiennent dans ma bouche — pourtant vorace — ces chairs dégoulinantes. À la fin, effarée par une telle abondance, je me mis à mordre bel et bien les énormes lèvres, puis, les délaissant soudain, je retournai au clitoris que je me mis à mordiller non sans force. Kristin se cabra soudain, demeura un instant immobile, puis poussa une sorte de hurlement sauvage. Surprise, je m’interrompis un bref instant. À présent parcourue de spasmes violents, elle jouissait comme une démente, émettant une série de sanglots accompagnés de râles. Soudain, elle referma ses longues cuisses puissantes autour de ma tête, l’emprisonnant ainsi aussi sûrement qu’un carcan. La chaleur des cuisses tout humectées de sa mouille abondante, la forte odeur poivrée qu’elle dégageait, les râles qui me parvenaient, étouffés, les soubresauts qui secouaient ce grand corps athlétique, tout cela me procurait une forte sensation de vertige, et je sentis une sorte tourbillon m’envahir toute entière, de l’entrejambe aux joues, en passant par mes seins. Kristin desserra soudain son étreinte, se redressa et, les yeux fous, comme hallucinée, se rua sur moi, emprisonna ma tête de ses mains puissantes et se mit à m’embrasser avec une rage incoercible. Sa langue bondissait dans ma bouche, léchait la mienne, la pourchassait, explorait tous mes reliefs. Je crus que j’allais étouffer, je n’arrivais pas à la suivre, il me semblait qu’il me serait impossible d’endiguer ce flot de sensualité sauvage et ravageur. Elle se calma cependant, et, après m’avoir adressé un regard d’une langueur appuyée, elle se laissa choir sur le dos en poussant un profond soupir. On eût dit un homme après l’orgasme. Je m’en étais rendu compte, Kristin avait joui plusieurs fois. 
— Dominique, Dominique, souffla-t-elle, oh ! quel pied, oh ! hhh… oh ! nom de Dieu, quel pied ! Il y avait longtemps que je n’avais pas joui comme ça ! Tu es… tu as trouvé tout de suite ce qui me faisait partir ! Ça… ça alors ! Son regard chavira. Viens ici ! Ce disant, elle m’attira à elle et, m’enlaçant avec sa force coutumière, elle me baisa les lèvres avec une infinie délicatesse. J’étais toute penaude, ne sachant trop quelle attitude adopter. 
Après un long moment d’ineffable douceur, elle s’écarta, me fixa d’un regard empli de reconnaissance puis, sans transition, me fit basculer sous elle. 
Attends, affirma-t-elle d’une voix rauque, ça va être ton tour à présent. 
Elle me dominait de sa taille imposante. Elle me faisait presque peur, et je retrouvai cet état de soumission que j’adoptais si volontiers face à mes partenaires sexuels favoris. Je décidai donc de me laisser complètement aller. S’insinuant entre mes cuisses, Kristin passa ses mains sous mes fesses, souleva mon bassin comme s’il se fut agi d’un coussin de salon, et approcha son visage de ma vulve à demi engourdie. L’intrusion fut brutale, sauvage, irrépressible : Kristin se mit à lécher ma vulve avec une vigueur exceptionnelle, me gratifiant de grands coups de langue qui me paraissaient se démultiplier à l’infini. Pendant qu’elle me distribuait généreusement mordillements, suçotements et lécheries, ses mains fermes et agiles parcouraient tout mon corps, me palpaient, m’effleuraient, malaxaient une cuisse ou un sein, pétrissaient une fesse ou un mollet ; j’avais l’impression que trois femmes au moins s’affairaient autour de moi, s’évertuant à me procurer un plaisir sauvage. 
Je m’étais mise à jouir sans aucune retenue, mon corps était parcouru de longs et délicieux frissons qui se répandaient en moi en vagues successives, se renouvelant sans cesse. Mes orgasmes s’enchaînaient les uns aux autres comme un collier de perles. Je crus mourir de plaisir. Kristin, infatigable, n’arrêtait pas de me lécher, de me pétrir, de me tourner et de me retourner selon sa fantaisie. Pour l’heure, elle avait enfermé mon clitoris — prêt à exploser — dans sa bouche et le léchouillait avec ferveur. Je jouis à nouveau, poussant un petit cri qui avait tout du râle d’agonie. Je me sentis mollir et sombrai dans une sorte de coma vertigineux. 
 
Lorsque je revins à moi, le visage de Kristin était presque tout contre le mien, elle s’était allongée à côté de moi et me regardait avec tendresse. Elle souriait béatement, apaisée… enfin. 
Ouf ! dis-je d’une voix qui me sembla minuscule, je crois que je reviens de loin. Quelle tornade ! 
À qui la faute ? On n’a pas idée d’être bâtie comme ça ! Tu sais que si tu posais pour le premier magazine porno venu, tu crèverais le plafond des ventes. 
— Arrête ! dis-je, mi fâchée, mi amusée, tu exagères ! 
— Oh, que non ! reprit-elle, convaincue. 
— En tout cas, ça ne m’intéresse pas le moins du monde. Si tu savais le nombre de fois qu’on m’a déjà proposé ce genre de choses ! Pas question de m’étaler comme ça dans leurs boucheries ! J’ai déjà visionné l’un ou l’autre film porno : c’est affligeant ! 
— Tu as raison ; mais, insista-t-elle, il existe des revues soft qui… 
— Je préfère le réel, le palpable, la vie, quoi !… L’amour en conserve, sous cellophane, ça me paraît totalement inepte ! 
— Je vois, fit-elle, vaincue, dommage… mais pas pour moi, en tout cas ! ni pour Cécile, ni pour François. 
Quoi ? tu es au courant ? 
— Parce que tu crois que ta Cécile m’aurait permis d’approcher sa Dominique, sa déesse, sa grande esclave, sa drogue, son viatique, en dehors de sa bénédiction ? 
— Oh ! je… je…, balbutiai-je, rougissante, indignée. La salope ! Elle savait tout depuis le début… elle avait tout préparé… 
N’exagérons rien ! coupa Kristin, enjouée, disons qu’elle n’a simplement mis aucun obstacle. C’est bien dans sa manière, non ? 
Mais… fis-je, soudain alarmée, alors elle et toi ?… vous… vous l’avez fait, n’est-ce pas ?… 
L’œil de Kristin s’arrondit. 
À ton avis ? 
Je réalisai soudain que je n’étais vraiment pas en position de reprocher quoi que ce soit à Cécile. Une chose me parut soudain évidente : Cécile et moi avions eu affaire à une véritable prédatrice. Que Cécile ait eu l’occasion d’en profiter avant moi n’y changeait pas grand-chose ! 
Eh bien ! fis-je, comme fâchée, tu es quand même… 
— Une belle salope ! acheva-t-elle. Oui, je sais. Puis elle ajouta, avec un calme olympien : aurais-tu une réclamation à formuler ? 
Un bref instant, j’eus le sentiment que j’allais recommencer à la détester, mais je sus que je n’y arriverais pas. Je me mis à rire. Elle approcha ses lèvres des miennes et me baisa une nouvelle fois la bouche. Ce fut doux et tendre. Un vrai baiser de paix. 
 
Une grosse bûche à moitié calcinée s’affaissa dans l’âtre avec un bruit sourd. La porte s’ouvrit soudain et la voix de Cécile résonna dans la petite pièce, claire et moqueuse. 
— La récréation est finie, vilaines filles ! On va bientôt passer à table ! 
 
Suite : chapitres 24 à 27 
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