Elvéa 
 
 
Floriane et le miroir des souvenirs 
 
 
C’était indéniable. L’état second dans lequel je me trouvais n’avait rien pour être agréable, mais alors rien du tout. Je me sentais lasse , sale et légèrement déconnectée de la réalité. Pourtant il allait bien falloir quitter cette chambre, quitter cette pièce immense aux murs blancs, témoin d’une nuit qui la transforma en champs de bataille. Tant pis pour les cheveux collés sur mon front par la chaleur du petit matin. Tant pis pour ce goût poisseux qui emplissait ma bouche. Tant pis pour les quelques boutons argentés qui avaient sauté de mon Jean au début du combat. Tant pis pour la large trace de Milk-shake au chocolat- vanille qui ornait mon débardeur blanc. Seul vestige de la frénésie épouvantablement érotique avec laquelle on m’avait saisi les mains alors que je mangeais tranquillement ma glace, les jambes croisées, les pieds posés sur le tableau de bord de l’Opel. 
 
Tant pis aussi pour ma démarche fatiguée, salie d’un reste de douleur, qui ne ferait qu’éveiller l’esprit alangui par la tiédeur matinale, de ceux qui m’observeraient sûrement lorsque je descendrais dans le hall de l’hôtel. J’agrippai le drap blanc, le tissu se froissa entre mes doigts. Le simple crissement du coton contre mes ongles suggéra la horde de crissements bien plus déchirants qu’avait connu le linge de maison pendant la bataille nocturne. 
 
Je m’extirpai de dessous le drap et le repoussai sur mes pieds, au bout du lit. Les volets en bois exotiques étaient à demi ouverts et les raies de lumière heurtaient le crépi blanc en dessinant d’étranges contours flous. Ma vision cessa de tanguer, je m’appuyai bien droite, le dos contre la tête de lit. Ma main droite vint frôler ma cuisse nue. Ma peau était grasse. Je soulevai doucement le reste du drap qui couvrait mon autre cuisse et mon sexe. 
 
Je n’aurais pas su dire ce à quoi je m’attendais, mais sûrement pas à cette impression étrange de normalité. Après tout, rien n’avait été différent des autres fois. Peut-être l’individu avait-il été un petit peu plus entreprenant ou un rien plus brutal. Mais il n’avait rien fait de plus que les jeux habituels qu’il était possible de faire avec cet endroit. 
 
Je poussais un petit gémissement de plaisir, inaudible et terriblement plaintif. Mes doigts effleurèrent tendrement ma toison noire. Mes poils bouclés étaient secs, craquants. Je glissai mes doigts dans ce foisonnement de pilosité, histoire de défaire ces petits paquets agglutinés de façon outrancière. J’aurais aimé glissé le bout des doigts simplement sur la longueur de l’ongle pour qu’ils entrent en contact avec ma peau humide mais je m’abstins. Je fis quelques étirements pour détendre la chair alanguie de mes bras et de mes épaules. Je sentais la sueur. J’avais l’étrange impression que ma peau était recouverte, jusqu’à sa moindre parcelle, d’une couche moite, mélange de salive, de sueur et de sperme. Pourtant c’était impossible. Le seul endroit de mon corps qui aurait pu être tâché était mon esprit. Personne n’avait trouvé drôle l’idée de se répandre intimement sur ma peau. Absolument rien n’était venu me salir cette nuit, rien qui fut du sperme tout du moins. 
 
Je tournais la tête à droite. Le second lit de la chambre était toujours là. Bien-sûr, il fallait qu’il me rappelle la nuit, le noir, mes murmures et ces sensations suaves et tendres qui avaient été les miennes il y avait de cela à peine quelques heures. Je passais la main dans mes longs cheveux blonds cendrés. Ils étaient sales. Comme le reste de mon corps. J’ignorais ce que cette personne avait pu faire de mes cheveux. Aucune idée. 
 
Il allait bien falloir que je sorte de cette torpeur envahissante, que je m’habille et que je parte. Pourtant je n’avais pas envie de partir. Pas encore, pas avant d’avoir pu me souvenir de chaque instant passé. Je glissai une main sous mes fesses. Elles étaient sûrement tièdes, douces et fermes. Comme on me l’avait confié cette nuit. Mon index traversa langoureusement la petit rigole qui les séparait. Rien. Tout était normal. Je ne savais toujours pas à quoi je m’attendais. Vraiment aucune idée. 
 
Je penchai la tête dans un bruissement de cheveux pour observer mes seins. Ronds, parfaitement droits. Le mamelon calme et rosé. Je les soupesai du plat de la main, les fit rebondir une ou deux fois. Évidemment on ne m’avait pas vidé de leur substance et ils étaient identiques à hier. 
 
Je me levai, chancelante, mes pieds noyés dans l’épaisse moquette beige de la pièce. Un miroir immense, à hauteur d’homme se tenait dans un coin. Je m’observai. D’abord le visage, mes yeux marron terriblement foncés. Mes lèvres roses ni épaisses ni fines. Juste parfaites. Puis le cou. 
 
Là je savais qu’il avait été abîmé et visité par des dents, des lèvres, une langue. De nombreuses marques en forme de demi-lune s’étendaient, d’immédiatement sous mon menton jusqu’aux épaules elles-mêmes. Des traces de dents, rosées et légèrement violacées pour certaines, aux endroits les plus tendres. Je souhaitai que mes dents aient pu faire la même chose sur la personne qui s’en était allée ce matin. 
 
Le reste de mon corps était intact. Aucune trace de ces tendres morsures. Aucune trace d’éventuelles griffures que personne ne m’avait jamais faites. 
J’observai alors l’autre lit. Les draps étaient défaits, froissés, chiffonnés, tourmentés, sales, épais et tellement rassurants. Ils avaient été mes draps, nos draps pendant ce temps, à présent si lointain. 
 
Je m’approchai. Je posai la paume de mes mains à plat sur le matelas. Le tissu était froid. Une légère trace de sang ornait le milieu de la literie. Mes doigts la caressèrent. J’approchai mon visage, mes yeux et mes lèvres, pour regarder et sentir. Il y avait sous l’oreiller, quelques longs cheveux châtains. Il y avait sur tout le tissu son odeur. Tendre, âcre, excitante maintenant encore après tous ces jeux incroyables qui m’avaient rassasiés. Une odeur de parfum, un mélange de cannelle. Odeur terriblement humaine, affolante. Je fus pris d’un frisson glacé qui traversa mon dos de haut en bas, depuis juste en dessous de la racine de mes cheveux jusqu’à quelques centimètres au dessus du creux de mes fesses. Mes mains frôlèrent chastement le draps. Puis je l’agrippai, le tirai à moi, enfoui mon nez dans le tissu et respirai intensément. Son odeur. Je deviens folle. J’aurais aimé me caresser violemment, ici, tout de suite, pelotonnée dans ces draps, dans nos draps. J’aurais aimé me prendre là, toute seule. Me cambrer sous mes propres caresses, gémir et haleter dans cette solitude matinale. J’aurais aimé entendre ma bouche murmurer des « encore » et écouter mon âme répéter son prénom. J’aurais aimé glisser mes doigts si aimants entre mes cuisses encore sèches, les faire virevolter, entrer et ressortir jusqu’à voir danser des papillons incroyablement noirs devant mes yeux. Jusqu’à me laisser happer totalement par la frénésie sexuelle dont j’étais capable. 
Je poussai un gémissement plaintif, mon beau visage encore ensommeillé plaqué contre le draps. Je me laissai choire sur le lit. Ma poitrine haute et ferme prisonnière contre le matelas accueillant. Je respirai encore le drap, l’oreiller cette fois. Retrouvant l’odeur de sa nuque, le goût de sa peau dorée. Je me livrai à quelques mouvements de bassin, désordonnés et terrifiants de sensations contre ce draps qui l’avait accueillie. En un instant indistinct je me retrouvai sur le fil de la corde entre l’apogée de l’excitation et le moment inouï qui met fin à l’envie. 
 
Puis j’arrêtai. Totalement. Je fis volte-face, tournant le dos au matelas, repoussant nerveusement les draps. Je sautai sur mes pieds. Non ! il ne fallait pas profiter seule du pouvoir de ce lit. Pas sans la personne qui partagea ma nuit. 
Il n’y avait pas de salle de bain. Je trouvai ma culotte en dentelle noire jetée sur la moquette. Je la remis. J’enfilai mon Jean noir également. Mes cuisses me démangeaient. Mon ventre me faisait mal. Je ne fus un instant qu’un puit de chatouillis extrêmement dérangeants. Heureusement la sensation s’en alla. Mon soutient-gorge noir. Mon débardeur blanc. Tâché de Milk-shake. J’arrangeais mes cheveux une dernière fois devant le miroir. Ces cheveux blonds. Ces yeux marron. Ce pantalon noir. Ce débardeur blanc. Telle que j’étais lorsqu’elle m’a dit : « J’ai besoin de toi ce soir. » Le souvenir du son de sa voix, si suave, si profonde. Si enjouée. Le souvenir de ses yeux marron et de ses longs cheveux châtains. Son Jean bleu marine, ses bottines noires, sa chemise blanche un peu trop grande pour elle. Son nez si fin, ses lèvres tellement roses et sa langue humide. 
 
Encore un petit jappement sourd qui s’échappait d’entre mes lèvres. Cette fois mon ventre ne fourmillait plus, il brûlait littéralement. J’aurais dû glisser mes doigts entre mes cuisses, y enfoncer mes doigts plutôt. M’empaler sur ma main, me griffer, me fourbire, me fouiller, me foutre, debout sur cette moquette. Je pensai un instant à me caresser devant ce miroir, en me regardant, en me dévorant des yeux. Pour voir ce qu’elle avait pu voir. Je pensai à embrasser l’image de mes lèvres, à caresser mon visage dans ce miroir, à coller mes seins contre mes seins, à barbouiller la glace de ma salive pour imaginer ce qu’elle avait pu ressentir. 
Sous l’emprise de cette idée extravagante je trottinai vers le miroir, me fit face et appuyai la paume de mes mains sur la paume des mains de mon image, griffant la vitre. Je plongeai mes yeux dans les yeux marron qui me fixaient hagards. 
Mon Dieu, ce qu’avait du voir Pauline en me regardant était en face de moi. 
 
Un tourbillon de sensations, l’odeur de sa bouche, la formidable sensualité de sa langue rose lorsqu’elle mangeait mon milk-shake avec ma cuillère dans cette voiture. Puis ses doigts frais qui étaient venus chercher mon cou et mes joues, le goût de chocolat de ses lèvres. La fièvre inattendue. Notre escapade nocturne qui tournait court. Pas de ballade entre amies, pas de conversations de filles. Que la chambre de cet hôtel minable et l’Opel sur la parking. Nos cœurs battants dans l’escalier, la porte qui se ferme. Le lit. Nos vêtements qui s’arrachent. Les boutons de mon Jean qui cèdent sous la pression de ses doigts. 
Floriane, Pauline, nos prénoms dans l’obscurité. Et ensuite ce souvenir. 
 
Je m’arc-boute sous elle, tellement excitée par le désir que je ne prend pas conscience de ce qu’elle me fait. Je suis si près de jouir, si proche de l’instant ou l’orgasme aura raison de moi. Je sens déjà les pulsations sourdes et les tressaillements qui montent jusque dans mon ventre. Je n’arrive pas à m’abandonner à celle qui s’agite sur moi, le simple contact avec sa chaleur suffirait à me faire hurler de plaisir, pourtant je ne peux pas, je ne peux pas. La situation change. Mes jambes fourmillent, mes muscles se durcissent, je me cabre sous elle pour résister de façon presque bestiale. La chaleur m’envahit. Un dard brûlant, monstrueux et voluptueux s’empare de mon bas-ventre. Cette divinité qu’est l’orgasme. Mes muscles se contractent de façon désordonnée. Je serre les cuisses plus fort que jamais pour la maintenir en moi, au plus profond de moi. L’orgasme multiple me transperce. Un tunnel de flammes serpente dans les méandres de mon corps inerte pour aller s’échouer dans le lac rouge palpitant de mon cœur. 
 
La glace semble s’emparer de moi, congestionner mon âme qui lutte pour rester celle de mon corps déchiré de chaleur. Mon esprit est paralysé, ce corps n’est plus à moi. Le bruit de mon cœur me donne l’impression d’atteindre un point de non retour, je fais l’amour avec mon âme , avec mon sexe et avec ma chair. 
Cette chaleur destructrice me laisse calcinée, hagarde, habitée par cette pulsion, mélange de fin et de naissance où le présent et l’au-delà se confondent dans un éclair lumineux. 
 
Debout devant le miroir, mes cheveux en bataille ,j’entendis sa voix sourde murmurer 
« Floriane, je te désire tellement ». Ses mots dans cette même pièce, quelques heures auparavant. 
Mon ventre explosa dans un déluge de sensations, comme des milliers d’aiguilles brûlantes qui rongeraient ma chair. Mes yeux s’emplirent de larmes, elles gonflèrent avant de crever et de rouler sur mes joues. Je mordis mon poing jusqu’au sang pour ne pas crier. 
Ses longs cheveux châtains, sa peau parfaitement lisse, son nez droit, son front qui luisait de sueur. Son souffle. L’orgasme eut raison de moi. Je me regardais et murmurai « Pauline » quelques dizaines de fois en ravalant mes larmes. 
« Floriane tu es folle » fut ma dernière pensée devant ce miroir. J’allais courir à en perdre haleine pour retrouver Pauline. Il me la fallait. J’étais elle, elle était moi. 
 
 
2 – Les retrouvailles 
 
Il n'y avait que son prénom qui résonnait dans ma tête et cette fatigue , proche de la lassitude, comme si mon corps n'était plus vraiment là. Une langueur absolue, totale, qui faisait suite à cette bouleversante nuit avec elle. Je quittais la chambre d'hôtel. A la réception, l'homme qui se tenait derrière le comptoir était celui qui s'y trouvait déjà hier soir. Il me reconnu et me lança d'un air sarcastique : « l'autre madame à payé, pas besoin de débourser un seul centime , j'imagine qu'elle paye en nature aussi… » 
 
Je lui décochai un regard méprisant et descendit sur le parking. Il faisait chaud, un air sec et torride vint heurter ma peau. La lumière était jaune, l'atmosphère chargée de poussière et de sable charrié par le vent. L'Opel de Pauline n'était plus là. Évidemment. Frénétiquement je cherchai mon portefeuille dans la poche arrière de mon Jean. Il contenait une petite carte « 33 rue Sainte- Maria ». Elle était rentrée là-bas. Il me la fallait. J'hélai un taxi et demandai au chauffeur de m'amener rapidement à l'adresse indiquée. Mon cœur battait comme au ralenti ; lourdement. Lentement mais amplement. Je ressentais l'effet de l'Adrénaline qui coulait dans mon sang. Torpeur mais excitation latente, sourde, angoissante. Mon ventre fourmilla encore de façon dérangeante. Le chauffeur observa mon débardeur tâché de chocolat, mes cheveux sales et mes yeux cernés dans le rétroviseur central. La rue montait en épingle à cheveux. Il n'y avait pas âme qui vive dans l'étroite artère. Je regardai mon reflet sur la vitre étrangement propre. Qu'allait penser Pauline en me voyant là, fatiguée ; salie et légèrement affamée. Qu'importe au fond. J'en avais follement envie. Mes mains parcoururent nonchalamment ma cuisse droite puis mon entrejambes par-dessus mon Jean noir. Fourmillements. Électricité. Intensité. 
 
Enfin le numéro 33. Une maison en pierres, basse. Cuisante sous la chaleur. Je paye la course, je sors. Mon Dieu, pourvu qu'elle soit là. Je sonne. « Ding Ding ». J'entends des pas derrière l'épaisse porte bordeaux. Elle s'ouvre. Pauline. J'en ai les larmes aux yeux. Enfin elle est là. Son buste et sa tête s'aventurent dans l'embrasure de la porte. Elle à un débardeur noir. Les cheveux mouillés tombent sur ses épaules. Sa petite croix en argent luie autour de son cou. Ses yeux marron métallisés. Son profil droit. Ses pommettes hautes. Son nez parfaitement dessiné. Ses lèvres roses, lisses et brillantes. Elle murmure « Floriane ». L'étincelle qui commençait à brûler au fond de mon ventre s'enflamme subitement et je passe, frissonnante, d'un état second à la réalité. La retenue d'émotions physique et intellectuelle qui sommeillait en moi craque pour de bon. Au cœur de mon ventre quelque chose vient de se réveiller. 
 
Sa voix, presque une plainte sourde, un bruit profond, un son de gorge, rocailleux à l'extrême. Elle chuchote : 
 
« entre » 
 
Gênée devant sa beauté exceptionnelle, la fraîcheur de sa peau et la netteté de ses traits, troublée devant ses cheveux propres, je me sens minable. Mais plus du tout sage. 
 
Elle me dit « Tu es venue… » 
 
Entre déception et incrédulité. Mon ventre grogne de faim. Mon corps vacille. Combien d'orgasmes j'ai pu avoir cette nuit sous le joug de cet Être. Une dizaine ? peut-être plus. Et là, ce matin, je meurs d'envie de la tenir encore un instant contre moi. Elle demande à voix plus claire cette voix « Tu as mangé ce matin ? » 
 
Je secoue la tête « non » 
 
Elle agrippe mon bras. Contact de ses doigts sur ma peau tiédie par le soleil. Elle a la chair humide et fraîche depuis sa récente douche. 
 
Elle m'entraîne dans le sombre couloir de briques rouges. Le salon, table basse, fauteuils en cuir beige. Elle dit « je vais te faire une tartine » 
 
Je reste debout, un peu gauche. Les bras ballants, les jambes croisées. Son pantacourt est beige. Elle est pieds nus. Ses orteils laissent des empreintes mouillées sur la brique orangée du sol. Elle découpe une tranche de brioche, épaisse et sucrée et plonge une cuillère dans un pot de confiture de Cerises posé sur la table de son petit-déjeuner. 
 
Je reste là, incroyablement tourmentée, à la regarder tartiner la pâtisserie. Je suis comme une petite gamine en émerveillement devant quelqu'un de plaisant ou comme n'importe qui, presque hébétée devant un phénomène extraordinaire. Presque désarticulée. Elle soulève la tartine épaisse et me la tend. Puis elle dit «  vient t'asseoir ma belle ». De grosses larmes roulent sur mes joues. Je marche doucement, presque furtivement sur le pavé du salon. Je voudrais disparaître à six pieds sous terre, n'être plus là. 
 
J'avance, me penche et m'assied sur le bord du fauteuil. Elle me donne la tartine délicatement, ses doigts heurtent les miens. Un morceau de cerise chute sur son poignet dans une petite gerbe sucrée. Je mord dans la brioche et mâche doucement la mie sucrée. Je regarde dans le lointain, perdue dans le vague. Mon ventre me brûle. Le bas de mon dos émet de sourds picotements. J'ai fini les trois-quart de ma tartine et je la regarde. Elle me regardait depuis le début. Une flamme étrange vacille au fond de ses yeux marron. Elle demande, avec un calme ahurissant si je veux une autre tranche. Comme une gamine qui ne sait pas parler je hoche la tête vigoureusement de haut en bas. Mes yeux sont brouillés de larmes. Je sanglote. 
 
Elle penche le buste vers la table et me prépare une autre tranche. J'arrive à articuler bêtement «  Pauline » dans un gémissement animal. Elle secoue la tête comme pour dire « Ne dis-rien » ; elle me tend l'autre tranche, son poignet toujours coloré de cerise. Elle murmure «  Tiens », me regarde par en-dessous, les yeux infiniment tendres et chuchote « Floriane, tu es tellement jolie » 
 
Je la fixe, elle en fait de même. Je tiens mollement la tartine entre mes doigts couverts de confiture. Et involontairement je prononce une nouvelle fois «  Pauline » à voix parfaitement claire. Elle pose ses doigts autour de mes mains et ordonne gentiment « finis ta brioche Floriane. Finis » 
 
Je mange. Totalement involontairement mes mâchoires s'activent. Alors que j'engloutis la dernière bouchée de brioche elle m'attire par les poignets et pose sa bouche sur la mienne. Ses lèvres. Elle glisse sa langue contre mes incisives, parcours du bout de sa chair ma propre langue noyée de brioche et de confiture. Je me laisse faire, je plie et m'allonge dans un mouvement totalement fluide, sur le canapé. Elle me dévore, mordille ma lèvre inférieure, saisi ma lèvre supérieur entre les siennes. Ses mains, ses doigts si doux, si fins saisissent ma nuque, glissent derrière mes oreilles, caressent mes cheveux subrepticement. Elle m'embrasse le nez, mordille ma chair, elle garde les yeux ouverts, j'en fais de même. Je la regarde, je la fixe, je la contemple à travers la couleur châtaigne de ses yeux. Ses pupilles sont dilatées dans la pénombre du salon. Elle sent le savon, elle sent la cerise. Nous sentons la cerise à cause de moi. Mes mains se perdent sur sa nuque, je caresse la racine de ses cheveux. Elle est tellement tendre. Sa chair est formidablement douce, lourde et malléable. Je glisse ma langue encore dans sa bouche, je ne veux pas qu'elle cesse d'aventurer la sienne contre mon palais. Son souffle s'accélère. Je ne sens même plus mon ventre, rien ne peut me distraire de ses cils longs et bruns, de son œil parfaitement blanc et noir. Ses sourcils sont doux, je les caresse avec la langue, ses petits poils couleur noisette. Son front est sec. Je pose mes lèvres sur chaque parcelle de son visage. Elle lève la tête tandis que j'embrasse son menton et sous celui-ci. Elle penche son beau visage pour que j'embrasse son front et ses cheveux. Elle tourne la tête à droite pendant que je cajole sa joue gauche et inversement. J'agrippe son poignet, il est frais. Je mordille sa peau, lèche la confiture un peu séchée du bout de la langue. «  Pauline » ma bouche laisse échapper un murmure. Elle parle, tout contre mes lèvres « Floriane, pourquoi tu es revenues, tu vas me rendre folle. Floriane pourquoi. Floriane. » 
 
Je ne cesse de la caresser encore et encore, son cou ; ses joues. Elle change de voix et me berce de ses mots « Flo, ma belle Flo, ma douce chérie. J'ai besoin de toi, reste là ma chérie » 
 
Elle ravale mes larmes d'un coup de langue. Elle mord mes cheveux, me décoiffe, embrasse mon front, mon nez, mes paupières, elle mordille mes oreilles. Je glisse mes mains, à plat sur son ventre brûlant. Son nombril. Ses seins. Je dégrafe le soutient-gorge qu'elle vient de mettre après sa douche. Elle se détend, lève les bras et m'aide à enlever son débardeur noir. Sa croix en argent repose sur l'extrême hauteur de sa poitrine. J'embrasse sa peau, caresse sa croix et murmure « Pauline, ça me rappelle tellement toi » Ses seins sont durs, fermes et incroyablement tendus. Je goûte sa peau, ses mamelons rosés. Je mordille entre mes incisives et pétri sa poitrine. Elle murmure « Floriane, ce matin… » Elle interrompt sa phrase pour émettre un petit souffle court. « Floriane ce matin tu étais belle. Tu étais formidablement belle, j'ai honte d'être partie. » 
 
Je pose ma tête à plat contre sa poitrine, mon oreille collée contre sa chair, j'entend battre son cœur furieusement. Le cœur qui cogne. Rien ne sera jamais assez puissant pour m'unir à elle. Ni une foultitude d'orgasmes étincelants ni sa chair dans ma bouche ne pourront jamais me combler d'elle. J'ai envie de hurler. Ses cheveux mouillés s'enroulent et se mélangent sur ses épaules dorées. J'embrasse sa peau par-dessus eux. Je m'agenouille au-dessus d'elle. Je pose mes mains à plats sur ses épaules. Je glisse ma langue tendue entre ses dents. Elle combat furieusement avec la sienne. Elle a le goût de cerise, un petit morceau de brioche luit au coin de sa bouche. Ma vision se brouille encore. Je me cambre et murmure de façon incohérente « Pauline, Pauline, ah Pauline, je te veux, ma belle, mon étoile, je te veux. Fais-moi hurler ma chérie, je t'en supplie j'ai trop besoin de toi. Ton odeur, tes mots, j'ai BESOIN DE TOI » 
 
Elle m'embrasse à perdre haleine, je déboutonne nerveusement ce pantacourt beige insolent qui m'empêche de toucher la peau de ses cuisses. Enfin il cède. Sa culotte chute sur ses cuisses au prix de contorsions qui me rapprochent d'elle encore plus étroitement. Je glisse mes doigts dans son sexe luisant et humide à s'en damner. Son clitoris palpite ; gonflé furieusement. Elle murmure de façon saccadée « Floriane, Floriane s'il te plaît, ne me laisse pas » 
 
Je murmure en pleurant de plus belle, barbouillant son visage de mes larmes « je ne te laisse pas Pauline, tu m'entends, jamais, je ne te laisse pas » 
 
Je répète son prénom comme pour me rassurer, me dire qu'elle est bien là. Rien ne pourra jamais me calmer j'ai envie d'être en elle. D'être elle. 
 
PAULINE. 
 
Elle glisse ses doigts si agiles entre les pants béants de ma braguette. Elle me griffe. Je vais crier, je le sais. Elle respire mes cheveux me répète que je sens bon. Je plonge mon nez entre ses lèvres, elle m'embrasse. Je respire sa bouche, je ferme les yeux si fort… à m'en faire mal. Je veux la sentir encore plus près. Je frétille contre elle, de façon complémentaire chacune d'entre nous occupe l'espace que lui resserve l'autre. Nous ne faisons qu'une. Je ne sais pas quoi faire, je ne sais PLUS quoi faire. Je ne peux pas crier ça ne sert à rien, je pleure déjà assez pour pleurer encore plus. Je tremble, je frissonne, je brûle, je gémie. Je suis glacée et à la fois étrangement chaude. Rien ne peut être assez fort. J'ai trop envie d'elle. Elle me répète « Flo s'il te plaît, mords-moi » 
 
Je mords son épaule droite jusqu'au sang. Le goût du fer dans ma bouche. Pauline. Ses ondes agaçantes, les mouvements de son corps, son odeur animale. Pauline encore le parfum de sa peau, de sa bouche. Pauline et ses yeux marron qui sont ma porte sur le monde. Pauline. 
 
Je me laisse emporte, je me déchire intensément. Un orgasme venu d'elle. Je sens mes muscles se contracter violemment. Un plaisir tellement profond. Un orgasme puissant, puissant, puissant. A en mourir. Pauline. Je murmure son nom, elle ferme les yeux et se débat nerveusement. Nos bouches se cherchent, se collent, se décollent, se meuvent l'une contre l'autre, l'une dans l'autre. Je respire son souffle et elle en fait de même. Je me laisse porter par les sensations, sans lutter pour qu'elles continuent, sans chercher à ce qu'elle disparaissent. Je la regarde, ses lèvres délicatement parfumées, roses et artistiquement sculptées murmurent des mots que je ne peux entendre. Ses yeux sont ouverts, plongés dans les miens. Elle s'agite encore un peu et puis plus rien. 
 
Je ne bouge pas. J'ai le visage contre le sien. Enfoui contre le sien. Ses cuisses autour des miennes et ses bras autour de mon corps. J'observe quelques petites larmes qui s'écoulent sur ses joues parfaites. Je murmure « Ma Belle. Tu te souviens de cette nuit ? » 
 
Elle murmure dans un souffle mouillé, attendrissant et délicieux : « oui je me souviens Floriane » 
 
Je demande : « combien de fois on s'est tuées ? » 
 
Elle mordille ma lèvre et confie à ma bouche « une dizaine de fois ma petite cerise, je suis morte une dizaine de fois ma grenadine. » 
 
J'ose espérer sa réponse et me lance : « Ma délicieuse Pauline, tu voudrais rejouer la nuit entière sur ce canapé ? » 
 
Elle hésite, me caresse avec sa langue, passe ses doigts sur la peau de mon dos, serre les cuisses autours des mienne. Tripote ses cheveux de sa la main libre, embrasse mes cheveux sales. Elle hésite encore, me fais un sourire magnifique, ses yeux brillent. Elle murmure « Floriane » pendant quelques minutes en me berçant, en me cajolant et en me rassurant , OUI JE SUIS LÀ semble-t-elle vouloir me dire par ce contact vertigineux. Elle m'achève tendrement : «  repose ta question ma grenadine ? » 
 
Je bafouille « Pauline, tu voudrais rejouer la nuit entière sur ce canapé ? » 
 
Elle fait non de la tête et conclut : « Pas la nuit entière ma grenadine. La vie entière sur ce canapé. » 
 
 
 
3 – Pour que le jeu puisse durer… 
 
Pauline avait les cheveux emmêlés et les yeux tous ensommeillés. Réfugiée au fond de son épaisse couette beige elle était recroquevillée en position fœtale, habillé d'une nuisette noire en coton. Elle ne portait aucun sous-vêtement. Aucun bijoux non plus à l'exception de sa petite croix argentée au bout de ce fil en lin noir. Je m'agenouillai sur le lit en posant précautionneusement le plateau du petit-déjeuner au bout de ce dernier. J'avais préparé des croissants au beurre et d'autre à la gelée d'abricots. J'avais rempli deux verres de jus d'orange et disposé un petit pot de miel et des tranches de brioches comme les aimait Pauline. 
 
Elle sommeillait encore légèrement quand je me penchai pour lui faire un baiser sur l'oreille droite. Cette dernière, recouverte par quelques mèches de cheveux était tiède. Pauline avait rarement été aussi belle. Nous avions passé la première semaine chez elle depuis que j'étais venu la trouver ce matin là ; à la suite de notre nuit infernale. Tous les jours qui étaient passés avaient été l'occasion de la découvrir encore plus intimement. Chacun de ses gestes , de ses habitudes me semblaient d'une infinie délicatesse et remplis de douceur et de sensualité. Chaque jour nous avions fait l'amour. Le matin encore endormies, le midi à peine remises de nos nuits, le soir excitées comme des folles. Nous avions touché, caressé, mordu, embrassé, léché, cajolé, tourmenté, violenté l'autre de différentes façons ; délicates, tendres, infiniment douces, impériales avec grande classe et cérémonials ou plus bestialement, sans une parole de douceur et sans un seul geste apaisant. Pourtant, même dans cette sauvagerie profonde dont nous avions fait preuve, elle et moi savions que l'autre n'avait pour sa partenaire qu'un amour infini et une tendresse exceptionnelle. Ma préférence allait nettement pour la deuxième nuit qu'elle m'avait offerte. 
 
Il avait été question d'aller la rejoindre dans la douche. Elle m'avait savonnée, contemplée, soignée, apaisée et à nouveau observée. Fière d'elle et du résultat de ses caresses et de toutes ses attentions à l'égard de mes cheveux, de mes ongles, de mon corps tout entier. Elle avait eu l'idée de me ramener jusqu'à son lit et tellement contente à la vue de mon corps elle avait décidé de m'offrir la plus divine marque d'affection imaginable. Pourtant durant cette courte expérience, elle n'avait été qu'une amie, attentionnée mais lointaine ; concentrée essentiellement sur le travail de ses mains, de sa peau, cela sans jamais recourir aux mots pour forcer les choses. 
 
Par les offrandes de son corps j'avais atteint l'orgasme. La chose la plus effrayante de ma vie tellement il avait été long et intense. La nuit s'était passée ensuite sans qu'aucune de nous deux ne tente un seul assaut. Nous avions parlé des heures. Ca avait été ma nuit préférée. 
 
Je me décollai de son oreille pour embrasser sa joue, faisant courir mes doigts sur la face interne de son avant-bras qui traînait nonchalamment par dessus les couvertures. Elle plia ses doigts, fermant le poing pendant cette petite caresse. Je glissai l'index de ma main libre entre ses doigts courbés et elle serra son poing plus fort. Je me laissai aller à cette phrase banale, qu'elle entendait tous les jours mais qui faisait toujours son effet « Pauline tu es belle ». Elle frémit subrepticement. J'embrassai le côté de son nez. Ce nez que j'aimais tant. Si droit, si fin, si délicat. Je le happai dans ma bouche, tout entier et entreprit de glisser le bout de ma langue dans ses narines. Elle frétilla un peu plus et étira ses bras avec un petit gémissement ensommeillé. J'avais bien l'intention de la réveiller encore un petit plus. La faire se réveiller totalement, la réchauffer, la rendre folle, brûlante, nerveuse et pourquoi pas incontrôlée était mon désir le plus fou à cet instant. Elle avait sommeil, mais après cette incursion au pays de l'excitation, si elle en avait encore envie, je la laisserai se rendormir dans son lit en la berçant doucement. 
 
Mes lèvres lâchèrent son nez avec un petit bruissement et se collèrent aux siennes. Elle avait le goût du matin, l'haleine fiévreuse et un peu empâtée. Sa langue était tiède et collante, je posai la mienne bien à plat sur la sienne, faisant ensuite des petits va-et-vient d'avant en arrière et de droite à gauche. Elle restait passive, se laissant utiliser comme je le voulais. Elle tenait mon index mais ouvrit son poing pour prendre ma main entière. Quelle joie de sentir ses doigts se refermer autour des miens. 
 
Découvrant la couette je soulevai sa nuisette de ma main libre. Elle frissonna mais s'abstint de dire le moindre mot. Je remontai le coton jusqu'à sa poitrine, découvrant totalement son corps. Son ventre calme, lisse, doré. Son nombril, parfaitement rond et légèrement incurvé. Puis le haut de ses cuisses, fermes et musclées. Et surtout sa pilosité noire, drue et bouclée qui recouvrait les lèvres de son sexe. Mes doigts caressèrent cet endroit. Il n'était plus humide. Pas encore assez excité pour luire insolemment. Sec et rassasié depuis la dernière fois. Hier soir, avant de dormir ; pas machinalement mais avec une complicité coquine et bien rôdée. 
 
Mes doigts s'aventurèrent plus profondément dans son intimité. Sa peau devenait humide, tendre. Je caressai doucement son clitoris endormi et il ne tarda pas à s'énerver un peu. Elle change de position et ouvrit les yeux. Elle murmura « Floriane, salut ma chérie » 
 
Je portai un bisou sur ses lèvres sans cesser de jouer avec elle. « Coucou Pauline » 
 
Elle remonta un peu vers la tête de lit, passant de la positon allongée à celle de demi-assise. Ma main adopta le mouvement et ne cessa pas de tourmenter son sexe. 
 
Elle dit « J'ai soif » Je désignai le verre de jus d'oranges qu'elle saisit. Elle le porta à ses lèvres et avale quelques gorgées. Ses lèvres sèches à présent humidifiées portaient l'exquise empreinte de la coulée de liquide. Elle me tendit le verre et me proposa de boire. Je fis couler un peu de liquide sucré dans ma bouche. Elle s'approcha de moi et avala encore un peu. Nos lèvres se trouvèrent chacune d'un côté du verre. Elle plongea ses yeux marron dans les miens. Elle abaissa le verre et nos lèvres se touchèrent. Elle fit couler un peu de jus d'orange entre mes dents, poussant le liquide du bout de la langue. Il avait tiédi par le court séjour dans sa bouche. Je repoussai la boisson avec ma propre langue vers la bouche de la bien aimée, elle poussa un petit cri, prise par surprise et tout dégoulina sur son menton. Je fis en sorte de la lécher avec un petit air de triomphe non dissimulé. Elle s'amusa encore et me dit « Tu veux manger pour moi ? » Elle approcha un croissant préparé par mes soins, à l'abricot. J'en coupai une fine bouchée et mâchai la viennoiserie délicieuse. Elle colla ses lèvres aux miennes et nous échangeâmes mon croissant pendant quelques allers et retours entre nos bouches. La bouchée était encore plus délicieuse de passage en passage. A chaque instant sa consistance changeait, humidifiée par la salive de Pauline. Elle mordilla un autre bout de croissant, le gardant intact entre ses lèvres ou j'allai le dénicher d'une pichenette de langue. Toute la pâtisserie passa dans ce jeu excitant. 
 
Elle ne trouva rien d'autre, à présent totalement réveillée, que la salissante idée de plonger ses doigts dans le pot de miel. Elle barbouilla sa propre figure avec ses mains, ses sourcils agglutinés par le miel, son nez doré se laissèrent nettoyer par mes baisers. Elle barbouilla mes lèvres pour mieux venir me les lécher. Finalement sous la pression de mes mains, elle se rallongea totalement. Je lui fis face, un genou de chaque côté de ses cuisses. Je lui offris une ligne de baisers, de son front à ses orteils, passant par sa petite vallée, ses cuisses, ses jambes et la plante de ses pieds. 
 
Prise d'une folle excitation je plongeai mon nez entre ses grandes lèvres pour respirer l'odeur de son sexe, elle frétilla un peu et comme pour l'énerver encore plus, je glissai ma langue en entier à l'intérieur de son sexe. Elle avait, mon Dieu, ce goût intime, indescriptible, un goût de femme ; un goût intime, totalement personnel que j'étais la seule à pouvoir connaître à cet instant. Cette possession par l'intimité manqua de me faire perdre la tête. C'était ses profondeurs, quelque chose qu'elle m'offrait à moi seule et à personne d'autre. C'était offrir une part de son corps à un autre être humain. 
 
J'abattis le dessous de ma langue avec force contre son clitoris, à présent dur et turgescent. Je glissai mes deux mains libres, pleines de miel, de chaque côté de mon visage, lui-même enfoui entre les cuisse de Ma Pauline. Du bout des doigts j'écartai les bords de son intimité, découvrant ses petites lèvres luisantes et la profondeur de son vagin. Je maintins l'écartement tout en caressant nerveusement et de façon aléatoire les berges de son sexe. Elle émit un petit gémissement sauvage qui me procura un long frisson. Ma langue barbouillait l'intérieur de ses cuisses de salive, je transportai à chaque petit battement de langue des fils translucides de sa cyprine et de tous ses fluides génitaux. Je savais que rien venant d'elle ne pouvait me dégoûter, me repousser ou me donner la nausée. Due-t-elle uriner, vomir ou que sais-je encore, rien ne pourrais m'arrêter. Si seulement elle avait pu produire du lait maternel ,j'aurais tété avidement sa substances sans jamais assouvir ma faim. Je parcourai la peau humide et muqueuse de son vagin par petites mouvements rapides et circulaires, happant son clitoris entre mes lèvres fermées, plantant avec délicatesse mes incisives dans sa chair. Elle gémissait à présent et semblait sautiller sur le lit. Ses mains étaient perdues dans mes cheveux blonds, elle forçait mon visage à s'appuyer contre elle encore plus, mais de façon désordonnée. Appuyant parfois fortement, parfois juste d'une caresse infime. Elle commença à onduler amplement, dans de grands mouvements de bassin, décollant ses fesses du matelas, propulsant son bas-ventre contre mon visage. J'avais le nez enfoui entre ses cuisses, maculé de ses substances. J'avalai avidement à chaque fois que ma langue pouvait ramener une noisette de sa viscosité dans ma bouche. Ma tête à présent s'enfonçait en rythme contre elle, mes doigts pétrissaient, malaxaient comme jamais je ne m'étais permise. J'ignorai combien de temps elle allait tenir sans jouir mais je la sentais de plus en plus avide de sensations. Elle poussa un petit cri, cette fois parfaitement articulé, un petit « hi » strident. Elle répéta sa plainte encore et encore s'agitant convulsivement contre moi. Elle supplia « regarde moi, regarde moi » 
 
Je décollai ma langue de son sexe ruisselant. Je remontai vers son visage, mes lèvres luisaient. Mes joues, mon nez et même mon menton étaient humides. Je vins prendre sa bouche entre mes dents, mordillant plus fort. Elle tenait ses yeux ouverts. Me fixant intensivement elle saisit mes mains qui n'avaient cessé de la fouiller, pour les faire pénétrer en elle. Ma main droite et tous ses doigts s'enfonça dans son vagin, elle me tenait fermement et participait à mes caresses. Elle explosa. Murmura un nouveau cri, inédit. Elle me regardait en accélérant encore le mouvement de mes mains avec les siennes, elle gémit, hurla et s'arrêta brutalement. Elle murmura « Floriane, je n'en peux plus.» 
 
Elle resta immobile, pelotonnée contre ma peau et les draps tachés de miel. Elle promena sa main sur ma cuisse réveillant tous mes sens. 
 
Elle était mon petit-déjeuner… elle avait obtenu un orgasme, elle allait me le rendre ! 
 
 
4 a – La fraise à la bouche. Floriane 
 
Pauline se tenait à genoux sur le lit. Il faisait noir dehors et le vent soufflait en rafales puissantes. La lumière que nous avions allumé éclairaient d'une lueur jaune, les murs de la chambre. L'intensité vacillait, manquant de s'éteindre à chaque nouvelle rafale. Ma compagne regardait mon étrange manège, s'attendant à chaque instant à ce que je revienne dans le lit avec elle. Mais je cherchais dans un tiroir de sa commode, le linge qui aurait pu faire l'affaire. Mon excitation ne cessait d'aller croissante. Depuis que nous étions rentrées du restaurant chic ou Pauline m'avait invitée, je savais que la nuit allait être une nouvelle nuit d'amour à notre palmarès et l'idée de rejoindre Pauline dans son intimité réveillait en moi un désir changeant chaque seconde. 
 
J'avais une seconde l'envie d'expédier l'affaire à la hâte : lui offrir quelques orgasmes, envoler mon âme au septième cieux et redescendre sur Terre rapidement. 
 
J'avais une autre seconde l'envie de me lover dans ses bras, de lui dire des mots d'amour et de profiter de sa tendresse sans que cela ne devienne jeu du sexe. 
 
Mes désirs allaient changeants. La flamme dans les yeux de Pauline allait changeante elle aussi. Elle avait envie mais elle ne savait pas de quoi. 
 
Enfin je trouvai son écharpe. La violette en coton. Très douce et surtout très longue. 
 
Je revins vers le lit. La couette beige était repoussée au bout. 
 
Pauline portait encore sa petite culotte en dentelle noire ainsi que son soutient-gorge assorti. Cet ensemble de lingerie avait un sens particulier pour elle et moi. Nous l'avions acheté ensemble, en double. La vendeuse s'était amusée de nous voir comparer les modèles et désirer se sentir bien dans le même. 
 
Je m'approchai de Pauline et attrapai son pantalon, un pantalon de toile noire qui traînait sur la moquette. Elle demanda « Floriane, qu'est-ce que tu vas faire ? je commence à m'inquiéter ? » 
 
Pour la rassurer je lui offris un long baiser, délicieusement sucré. Elle avait bu beaucoup, un petit plus que moi ce soir et son haleine sentait l'alcool. Ses lèvres moites étaient collantes et se séparaient des miennes avec un petit bruit de sucement. Elle était exquise. Ses longs cheveux n'était pas attachés contrairement à d'habitude et s'étendaient sur ses épaules dorées. Elle avait cette particularité qui attirait mon regard à chaque fois. Elle possédait une multitude de petits grains de beauté qui s'étendaient en une parfaite ligne droite, de sa clavicule gauche à juste au-dessus de son sein, du même côté. 
 
Mis à part ces treize petites tâches marron, sa peau ne possédait aucun relief, aucune tâche, aucune petite adorable imperfection. 
 
Son corps semblait une sculpture. Son visage était parfaitement dessiné et tout paraissait trop parfait pour être humain. C'était comme je la surnommais parfois « Une inhumaine sans défaut ». Elle s'amusait de mon expression. 
 
Si son corps était trop parfait, en revanche, ce soir elle était bien humaine. Sa peau collante était tiède, son cœur battait sourdement. Elle était un puit de vie sans fond. Elle sentait la sueur et le parfum. 
 
Elle s'allongea lentement sur le dos et je posai sa longue écharpe violette sur ses yeux, passant le tissu derrière sa tête. Elle se laissa faire et bientôt elle se retrouva les yeux bandés par le doux tissu en coton. Elle riait, découvrant ses parfaites dents blanches en retroussant les lèvres. Je lui léchai les dents. Mes longs cheveux blonds cendrés s'étalèrent sur son visage. Je pris une mèche parmi eux pour titiller sa peau. J'avais les cheveux raides et terriblement épais. Pauline s'en réjouissait souvent, me disant préférer leur raideur incroyable à la douceur exquise des siens. 
 
Je m'amusai de l'idée de lui avoir bandé les yeux, regrettant toutefois qu'il me faille cacher la couleur marron métallisé de ses iris pour ce petit jeu. 
 
Saisissant fermement ses poignets délicats, j'attirai ses mains à moi et entrepris alors de nouer les jambes de son pantalon noir autour. Lorsque ce-fut fait, j'écartai ses bras, découvrant leur face interne à la peau tellement douce. Je nouai le reste du pantalon à la tête de lit en bois exotique. Pauline se laissait faire avec des gémissements plaintifs sans opposer la moindre résistance, elle souriait toujours avec un calme déconcertant. Elle ne pouvait pas se détacher seule. J'avais pris garde à ne pas trop serrer ne désirant pas lui faire mal. Je voulais juste entraver ses mouvements, la capturer pour la soumettre à mes offrandes et pour l'offrir totalement à ses propres désirs. 
 
À présent c'était réussi, je l'avais capturée. Avec douceur et tendresse elle était prisonnière. Elle aurait pu agiter les jambes pour se débattre mais je savais qu'elle ne le ferait pas. L'important était qu'elle ne puisse pas saisir mes mains ni me voir. Je lui fis pendant quelques minutes d'incroyables caresses du bout des doigts. Attardant la pulpe de ceux-ci sur la chair de Pauline. Comme j'avais entravé ses bras, j'avais accès à leur face interne à plaisir. Elle était beaucoup plus douce que le dessus. Sur le dessus des bras, on trouve toujours une fine toison, brune pour Pauline, blonde pour moi. De minuscules poils qui se dressent avec le froid et piquent doucement les lèvres. La face interne au contraire n'est que chair tendre, malléable et délicieusement brûlante. 
 
Si l'on y appuie la main, la peau se creuse d'un petit sillon circulaire qui redevient parfaitement lisse lorsqu'on relâche la pression. La chair fond entre les lèvres lorsqu'on lui offre un baiser. Pauline n'était pas particulièrement musclée mais possédait, comme toutes les femmes, des bras adorablement formés, un peu épais. 
 
Je sentais à chaque frôlement, une réaction imperceptible de Pauline. Elle ne bougeait pourtant pas beaucoup. Je continuai les caresses, enfonçant fortement les doigts dans la peau puis tout doucement. Je parcouru ainsi les deux bras et avants bras de ma compagne. 
 
J'arrivai à ses mains. Des mains aux longs doigts fins. Ses ongles étaient très blancs, ovales en leurs bouts et parfaitement limés. La chair de la paume était épaisse, le dessus très fin laissant apparaître les traces bleutées de ses veines. Sa main gauche avait, dans le creux du pouce, une petite tache plus claire. J'attardai ma langue sur celle-ci, maculant sa chair de ma salive. Ensuite, j'happai chacun de ses doigts. 
 
Pour la main gauche, phalange par phalange, ils disparurent dans ma bouche. 
 
Pour la main droite je les glissai deux par deux entre mes lèvres. Mordillant les pouces entre mes incisives, léchant chaque ongle avec une lenteur agaçante. Elle suivait le mouvement de ma bouche, prolongeant à volonté les actes que je menais. Lorsqu'elle voulait, elle laissait un doigt plus longuement sur la chair râpeuse de ma langue, s'attardant sur mes lèvres à sa sortie. Elle retroussait ma lèvre inférieure, pinçait celle d'au-dessus. 
 
Mon ventre gonflait de plaisir à chaque instant. Les larmes envahissaient mes yeux lentement. 
 
J'abandonnai ses mains qui retombèrent inertes sur le matelas. Je parcouru ses épaules avec ma bouche. Puis de nouveau ses bras plus rapidement. Elle avait eu les doigts à ma première exploration, elle subissait la bouche maintenant. 
 
Pauline émettait un son rauque avec sa gorge ainsi qu'un léger souffle ample et profond. Je la sentais se crisper à chaque minute qui passait. 
 
Je plongeai mon visage dans le creux de son aisselle. Sa peau était vallonnée de la multitude des petits orifices ou poussaient les poils. Un champ alternant petites montagnes et vallées. Elle était rasée. Aucun poil n'avait eu le temps de pousser. Je pris entre mes dents la chair qui se décollait de l'os dans un pli succulent. La malléabilité de cet endroit humide m'épatait toujours. Elle sentait légèrement la sueur, odeur âcre et piquante. Son goût était salé, mélange de transpiration et du déodorant à l'abricot que nous portions toutes les deux depuis le matin. 
 
À cet instant délicat qui consistait à relâcher sa peau sans lui faire mal, je constatai avec surprise et délice que ma culotte blanche était humide. Ma main droite s'aventura à son niveau et constata que le tissu s'imbibait de mon désir. Cette-même main se posa sur la culotte de Pauline. Mon cœur s'emballa en constatant que le résultat était le même. Le pli de son aine était humide et légèrement glissant de sueur. 
 
Je revins embrasser sa gorge, bien décidée à parcourir tout son corps de cette façon, en espérant qu'elle ne subisse pas un orgasme, plus psychique que physique, avant que mon aventure soit terminée. 
 
La peau de son cou était étrangement ferme. Elle se plissait entre mes lèvres et retrouvait aussitôt sa place, marquée d'une petite trace en demi-lune, carte de visite de mes incisives. Tous nos échanges se passaient sans un mot. Elle respirait vite, puis lentement, m'offrant sa poitrine qui se gonflait et s'affaissait. 
 
Je mordis la zone de sa carotide droite. Je collai ma langue contre son artère, la comprimant ainsi fortement. Je sentais battre son pouls dans ma bouche et cette sensation m'enivra. Je fis pareil du côté gauche, parcourant ensuite la gouttière de sa carotide avec la langue. 
 
Pendant les minutes suivantes, je m'offris la vallée entre ses seins, léchant le tissu de son soutien-gorge en même temps. Sans jamais toucher à ses seins eux-mêmes. 
 
À ce moment, elle tenta de bouger ses bras pour amener ses mains à mon visage. Mes liens de tissu l'en empêchèrent. Elle intima d'une voix sourde « Floriane je dois te caresser, délivre-moi, je n'en peux plus » 
 
Abandonnant sa poitrine à toute allure, je vins poser mes lèvres près des siennes en l'entourant de mes bras. Je murmurai «  Ma cerise, tu ne dois pas forcément me caresser. Attends-encore un petit peu mon chou. Je te détacherai dans quelques temps » Elle soupira et redemanda : «  Je voudrais te regarder ma puce, voir tes yeux sombres et ta jolie bouche. Je veux voir ton visage ». Je viens glisser le bout de ma langue dans son oreille droite, légèrement grasse, et murmurai ensuite «  Tu sais comment je suis mon ange, tu me verras toute à l'heure » 
 
J'étais folle d'elle. Folle de sa chaleur et de son magnétisme. Elle abdiqua en silence et ses bras se détendirent. 
 
Je me penchai vers son ventre. Bien décidée à continuer la visite. Son ventre qui abritait son Être, son ventre dans lequel coulait tant de sang. Si j'avais pu glisser ma langue dans sa chair je l'aurai fais. 
 
Je posai mes lèvres et des baisers humides et silencieux sur chaque millimètre carré de son abdomen. Son nombril était parfait. Symétrique et lisse comme tout son corps. Une petite fosse concave occupée en son centre par une petite boule de peau en forme de coquille d'escargot miniature. Ma langue en fit le tour. Des dizaines de fois, peut-être plus. Je passai sa culotte noire auréolée d'une tâche sombre. J'explorai les plis des ses hanches entre son périnée et ses cuisses. Endroits délicieusement intimes et méconnus. Ils gardent le goût de la sueur et un léger film humide à leur surface. Si l'on force un petit peu apparaissent des ganglions épais et déformables. 
 
Je mordillai ses cuisses l'une après l'autre. Sa peau me faisait penser à celle du dessous de ses bras. Même consistance. Elle était rasée également et seuls quelques poils courts et récalcitrants piquèrent ma langue. J'embrassai le creux de ses genoux, puis ses jambes dures et fermes. 
 
Ses pieds. Ses pieds étaient un rêve à eux-seuls. 
 
Elle avait porté ses bottines noires toute la journée et des chaussette marines. De minuscules miettes de tissu occupaient l'espace entre ses orteils. Je fis la même chose avec chacun d'eux qu'avec sa main. Elle avait un goût âcre qui piquait ma langue. 
 
Lorsque j'eu terminée au bout de quelques longues minutes je me levai et quittai la chambre. Elle appelle « Floriane ? » Du couloir je lui expliquai que j'allais vite revenir. Dans sa cuisine silencieuse, je cherchais à tâtons ce qu'il me fallait. Une fraise dans la barquette. Une framboise dans l'autre barquette. Une petite cuillère à café, du sucre en poudre. Un citron que je découpai en deux et enfin le bac à glaçons. Sans oublier la bouteille d'huile d'olives. Je versai un petit peu de cette dernière dans un verre et portai le récipient au micro-ondes pendant trente secondes. Je plongeai le doigts dans le liquide épais, il n'était pas trop chaud, juste tiède. C'était parfait. Il ne fallait surtout par faire mal à ma Belle. 
 
Bien décidée à jouer à ce petit jeu j'amenai le tout dans la chambre, m'arrêtant au passage dans la salle de bain. Dans celle-ci je pris du coton et un préservatif. 
 
Comme deux scoutes qui partaient à l'aventure, Pauline et Floriane avait acheté hier après-midi, une boîte de préservatifs. Évidemment aucun garçon n'allait en bénéficier, mais comme deux adolescentes excitées nous nous étions réjouies de cet achat. Classiques, en latex transparent beige. Au nombre de douze. Inutiles pour deux femmes mais ces deux femmes ne voulaient pas rester totalement ignorantes du « Tout le Sexe. » Je n'avais jamais eu de partenaire sexuel s'étant muni d'un préservatif. Pauline non plus. J'avais connu un garçon à l'âge de dix-sept ans mais je n'avais jamais fais l'amour avec lui autrement que par de banales caresses. 
 
C'est armée de tout ce matériel que je reviens vers Pauline. La fraise, la framboise, le demi citron, le sucre en poudre, l'huile tiède. Le coton et le préservatif. La cuillère. J'ignorai encore comment j'allais me servir de tout ça mais ces accessoires me semblaient tous terriblement érotiques. Pauline demande ce que j'étais allé faire. 
 
Je pris la fraise dans mes mains, l'approchai des lèvres de la Belle et lui caressai la bouche avec le fruit frais et velu. Elle poussa un cri de surprise puissant et ses lèvres se refermèrent par instinct sur la chose. Elle arracha un bout de fraise, tâchant sa bouche de bordeaux foncé instantanément. Sa lèvre inférieure, tremblante et palpitante devint un bijou enveloppé du jus épais du fruit. 
 
Elle dit « Ma grenadine, ça me rend folle la caresse de ça ! » Avec le morceau restant, je lui refis quelques caresses, évitant à deux fois qu'elle ne s'en saisisse d'un coup de dents. Elle poussa deux cris affolés quand la framboise, multilobée et veloutée vint s'échouer sur son nez. Je fis en sorte de balader le fruit sur tout son visage et son cou ; offrant des sensations inédites, très localisées mais excitantes au possible au vu de ses halètements. 
 
J'avalai moi-même le fruit, le mâchai un peu et vint le poser sur ses lèvres. Sa langue attira le dôme de chair végétale mutilée dans sa bouche. 
 
Je décidai de passer au sucre en poudre. J'en déposai sous sa langue. Elle toussa, s'agita nerveusement quand les grains chatouillèrent sa gorge. Elle riait et m'embrassait en-même temps me faisant profiter tout autant du sucre. Les cristaux blancs formaient des petits paquets transparents et agglomérés au contact de nos salives. 
 
Je pris la cuillère glacée et lui caressai les lèvres avec pendant de longues minutes. Faisant glisser le dos très doux sur ses chairs rosées, introduisant l'instrument entre elles. Heurtant ses incisives, ressortant le métal humide de sa bouche et recommençant encore et encore pour la faire frissonner. 
 
Elle fini par me dire « Floriane, je ne peux pas, ça me rend dingue, je t'en supplie petite peste délivre-moi ou donne moi ta main entre mes cuisses. Franchement je vais défaillir » 
 
Elle agitait les jambes, tanguant dangereusement. Je vins m'allonger sur elle pour l'amadouer un peu lui offrant des rivières de baisers intenses. Le citron coula sur ses lèvres quand je le pressai. Elle s'agita et recracha le liquide acide en riant. Tout ce qui coulait sur son menton se retrouvait dans ma bouche l'instant d'après. Je pressai le fruit jusqu'à plus rien sur son visage. Elle tressautait sur le lit, essayant d'arracher ses liens en vociférant mon prénom avec une pointe de reproche. 
 
Je dégrafai son soutient-gorge, insensible à ses supplications « Caresse-moi le sexe ». Je posai un glaçon sur le téton de son sein droit. Elle cria « Oh ! », c'était inattendu. Le mamelon se crispa, durcit. Je posai un second glaçon sur son sein gauche. La glace fondait rapidement. Pauline poussait des jappements, m'offrant son bassin, s'arc-boutant vers le plafond comme une folle. Je cessai toute stimulation pendant quelques secondes et fit courir le coton déchiré sur ses seins, enveloppant ses tétons avec la douce plante blanche. 
 
Je retirai sa culotte, elle tenta de m'emprisonner le cou avec ses jambes. Elle respirait vite. Son sexe luisait, ses poils noirs collés s'agglutinaient anarchiquement. 
 
Elle poussa des râles que je n'avais jamais entendu jusqu'alors, lorsque j'écartai ses grandes lèvres doucement. Sa muqueuse rosée palpitait. Sa vulve était moite, inondée de ses fluides. Elle avait en ce moment ses règles et de légères traces de sang barbouillaient sa peau par endroit. 
 
Son clitoris était dressé, délivré de sa petite cupule de peau. Elle s'agitait, tirant ses liens avec force. Je décidai de faire couler l'huile tiède sur son ventre. Elle poussa un nouveau cri « Aahh, Floriane ça suffit ! t'as encore combien de choses ! j'en peux plus, tu veux me faire mourir, je veux que tu me caresses ! » 
 
Quand une rigole d'huile coula dans son nombril elle poussa un nouveau râle et me dit à ma grande surprise « j'ai jouie désolée ». Elle s'agita convulsivement comme pour confirmer ses dires. J'en fus à la fois heureuse et désolée. Pendant quelques minutes elle n'émit plus un son. Je cessai mes caresses ne posant plus que mes mains à plat sur son ventre sans vraiment appuyer. Je répétais des mots tendres en écoutant sa respiration se calmer. Elle me demanda de la délivrer mais je fis durer le jeu encore quelques minutes. 
 
Je versai le reste d'huile sur les poils de son sexe et le liquide épais s'écoula en elle. Elle poussa une multitude de cris envoûtants, m'expliqua avec hardiesse en raison de son état que « c'était bon, c'était bon, Floriane, c'est quoi, refais-moi ça » Je n'avais plus d'huile. Elle demanda «  c'était quoi ce truc ! avec quoi tu m'arroses ? c'est affreusement excitant » 
 
Je ne répondais pas et elle s'énervait intensément. Je retentai le jeu de la cuillère, prenant soin de ne pas abîmer ma captive avec les bords aigus du couvert, ne faisant que passer le dos de celui-ci sur le clitoris de Pauline. Elle maugréait des «  Cesse cela tout de suite » 
 
Je déchirai le préservatif et l'enfilai sur mon index et mon majeur droits. Je trifouillai son sexe profondément, léchant ensuite le latex enveloppé de son fluide et de son sang épais, vestige des règles journalières. Elle ne voyait pas ce que je faisais de ses fluides, comment aurait-elle réagit, je n'en savais rien, mais qu'importe ! Je remontai à elle, proche moi-aussi de jouir, à la simple vue et à la simple absorption des substances de ses entrailles. 
 
Mon ventre brûlait, je respirais mal. J'arrachai son bandeau, elle pleurait. Je détachai ses mains en vitesse avec frénésie, heurtant sa peau frénétiquement. Elle n'était plus captive. Simplement poussée aux confins de l'excitation humainement supportable. Elle me griffa tout de suite le dos, labourant ma chair de ses ongles. Comme pour se libérer de la tension accumulée et non totalement dissipée par son orgasme récent. 
 
Ensuite elle attrapa mon visage, serrant furieusement mes joues et m'embrassa comme une sauvage, léchant, mordant ma bouche. Elle mordait puissamment mes lèvres, tripotant mes joues avec sauvagerie. Elle entoura mon corps de ses jambes, j'en fis de même. Nous fûmes serrées comme des folles, ne formant qu'une entité. Ses cheveux me caressaient. Je glissai mes doigts entre ses cuisses et elle en fit de même avec une fureur animale que je ne lui connaissais pas. Elle me fit effroyablement mal. Labourant mes chairs intimes avec ses ongles. Saccageant mes entrailles avec un amour mêlé de violence. Sans le vouloir elle me violait. L'être aimé me violait sans aucune délicatesse, sans penser à moi, sans penser à elle. Concentrée sur je ne sais quelle sensation elle en oubliait son humanité. 
 
Je poussai un cri d'effroi. Je lui intimai « Allonge-toi sur le ventre Floriane » Elle avait compris que je l'appelais par mon prénom et elle se déchaîna d'autant plus dans cette tentative d'échange de personnalité. 
 
J'avais envie et besoin d'être elle, de m'identifier à elle, de la posséder intensément. Elle murmura « Pauline » dans ma direction jouant avec passion à notre jeu trépidant. 
 
Elle s'allongea sur le ventre et je vins embrasser ses fesses, hors du jeu jusqu'à présent. Je ressentais en permanence une sensation orgasmique qui ne s'en allait pas. Je glissai ma langue entre ses fesses, léchant son anus avec furie. 
 
Je mordillais la peau et glissais la langue aussi loin que je le pouvais. Mes doigts s'aventurèrent et remontèrent jusque loin en elle. Récoltant au passage un rien d'une autre substance plus intime encore et à cacher absolument. Sauf à moi, bien-entendu… 
 
Elle me disait que ça lui faisait mal mais je tins bon. Il restait un glaçon. Tenant fermement son corps avec mes cuisses serrées, agenouillée sur elle comme je l'étais, elle ne pouvait se dégager. Je pris le cube de glace légèrement fondue et l'enfonçait entre ses fesses ou il disparu. Elle poussa un long gémissement rauque en répétant, en bafouillant «  c'est froid ! ». Ses doigts s'affairaient à essayer de retirer l'intrus mais elle ne parvenait pas à le saisir, hésitante à violer sa propre intimité avec sa main. 
 
Je lui permis de se remettre sur le dos, elle le fit en abandonnant immédiatement sa recherche et je recommençai à l'embrasser. 
 
J'obtins un orgasme à ce moment, profond et long. Venant du centre de mon être il déchira mon sexe et l'intérieur de mon ventre. Il arriva deux fois de suite en quelques instants, me laissant hagarde et dépendante de Pauline. Chacune parlait à l'autre dans un concert de halètements. Je murmurai « Pauline » et elle « Floriane » pendant les minutes suivantes. J'avais obtenu trois orgasmes. Il en était de même pour l'ex-capturée qui était lovée dans mes bras. 
 
La nuit fut calme. Je pleurai contre elle longuement, de plaisir et de douleur diffuse. Le lit était un champ de bataille humide de nous deux. Elle sentait follement bon et je restai des heures avant de m'endormir à la regarder longuement sans parler. «  Puisse-t-elle être une enfant chérie de la destinée encore longtemps, puisque également mon seul et unique espoir » 
 
J'observai encore cette femme aux cheveux châtain et aux yeux sombres, Pauline, vingt-deux ans et une déesse en puissance. Qu'allait-on trouver de plus fort les prochains jours ? Les orgasmes déchirants, diaboliques ou blessants dont j'étais la proie n'étaient sans doute pas suffisants pour me rassasier d'elle. Le plaisir de la chair était évidemment ce que l'humain peut ressentir de plus fort mais l'explosion psychique que m'offrait la découverte et la possession de Pauline semblait prendre le pas sur chaque délivrance physique…. 
 
 
4 b – La fraise à la bouche. Pauline. 
 
Enfin Floriane revenait. Elle m'avait littéralement abandonnée dans la chambre pour aller je ne sais où. J'avais tellement besoin qu'elle revienne. Son petit jeu en plus commençait à m'agacer. Non, à m'énerver, à me rendre folle. Un peu comme si mes nerfs étaient saccagés et que la moindre stimulation, la moindre parole voir même le moindre son allait me faire perdre conscience. Mon corps n'était que tension. J'avais l'impression que ma peau était électrique. Elle en devenait douloureuse à chaque endroit que Floriane explorait. Cette adorable être me prenait pour son jouet et ça m'agaçait. Je savais pertinemment qu'elle me considérait absolument pas comme un jouet en tant que tel mais elle recherchait à me posséder encore plus depuis quelques jours. Je n'étais pas vraiment esclave de son désir ce soir mais elle me gardait quand même réellement à sa merci. Son idée de m'attacher m'avait séduite. Je savais que je ne risquais rien, elle ne serait pas méchante comme pouvait le devenir je suppose, un homme ou un partenaire sexuel. Je savais que le seul risque que j'avais étais d'avoir l'orgasme de trop, celui qui m'épuiserait pour des jours. Floriane ne pouvait pas être violente ni agressive. Je l'aimais sincèrement, d'un amour sûrement démesuré qui me rongeait chaque jour et il en était de même pour elle à mon égard. Nos longues discussions permettaient de sonder nos esprits respectifs et je connaissais presque parfaitement le moindre recoin de sa pensée. Elle communiquait tellement librement avec moi que je savais ce à quoi elle aspirait. 
 
Nous étions deux filles qui se consacraient essentiellement à nos âmes. Nous réfléchissions à nos esprits, chacune apportant à l'autre ce qui lui manquait. 
 
J'avais découvert en Floriane l'unique clef de mon existence. Une humaine illimitée dans les relations corporelles, qu'elles soient physiques ou psychiques. 
 
Ce soir après le restaurant j'avais envie de l'aimer. De lui laisser libre utilisation de mon être et de mon organisme tout entier. Lors de nos ébats habituels, chacune commandait à tour de rôle, au hasard. Je savais que Floriane adorait me donner du plaisir et la réciproque était vraie. 
 
Elle aurait volontiers arrêté la relation sexuelle juste après que j'ai atteint le septième ciel en se contentant de me regarder. J'avais appris ceci de nombreuses fois et j'étais obligée de me consacrer aussi à elle, pour lui rendre la pareille. Chose que je faisais avec délectation. Imaginer les sensations de ma petite chérie me comblait de bonheur. Penser que ce qu'elle ressentait était ce que j'avais ressenti m'apprenait son plaisir et j'en étais fière et heureuse. 
 
Je savais que ce soir elle voulait me capturer. J'avais envie de la voir m'utiliser un peu, après sans doute, les rôles s'inverseraient et j'en ferais de même. 
 
Nous nous étions fixées une règle : ne pas chercher à obtenir autant d'orgasmes l'une que l'autre durant nos ébats si l'autre se contentait de ce qu'elle avait eu. Je respectais la règle. Elle aussi. Ce n'était pas un donné pour un rendu , je savais me montrer patiente et non pas capricieuse si Floriane venait d'atteindre l'orgasme alors que je l'attendais encore. 
 
Elle m'avait bandé les yeux avec ma propre écharpe. Elle m'avait entravé les mains à la tête de mon lit. J'avais envie de me donner et de tout connaître d'elle ce soir. Et enfin, après les caresses de toute à l'heure, elle revenait. 
 
Je l'entendis s'approcher sans un mot. Elle s'agenouilla sur le lit. J'attendais ses mains ou sa bouche et elle posa quelque chose sur ma bouche. C'était frais, légèrement humide et velouté. Un fruit. Je ne pu réfréner un cri de surprise et ma bouche s'aventura dans un «  hé » sincère venu du fond du cœur. J'arrachai un morceau du fruit en refermant mes incisives dessus. Le contact émoustillait ma chair et je sentais le feu prendre à mon visage. Mon ventre n'était qu'un torrent chaud en ébullition. Des vagues naissaient dans mes entrailles, s'échouaient sur ma peau tandis que je frissonnais et s'en allaient en arrière pour mieux gonfler ensuite. Floriane maîtrisait l'art de créer les vagues à merveille. C'était une fraise. Nous avions acheté ce midi sans que je me doute un seul instant qu'elles seraient objets sexuels. J'adorais la fraise. Offerte par Floriane qui plus était. Ma lèvre inférieure fut tâchée du jus rouge sang dans une délicate coulée d'arômes. C'était sucrée et légèrement acide. L'excitation du jeu me délivra encore une décharge d'hormones. Floriane balayait ma lèvre avec la fraise comme elle l'aurait fait avec une plume. Effleurement délicat seulement. Elle chatouillait mon palais à distance, les picotements naissaient partout sur mes joues. Je lui dis « Ma grenadine, ça me rend folle la caresse de ça ! ». Elle n'écoutait rien et recommença son agaçant manège. J'essayai deux fois de m'en saisir d'un coup de dent, menaçant de lui mordre le doigt. Je ne voulais pas lui faire mal. Elle était plus rapide et possédait un avantage. Elle au moins pouvait me voir. 
 
Le bandeau me donnait chaud, il couvrait mon front et mes yeux ainsi que le haut de mon nez. J'avais essayé pour m'amuser de délivrer mes mains. Souhaitant ne pas réussir mon ne pas embêter Floriane mais désirant tout de même être sûre de ne pas être vraiment captive. Pourtant c'était le cas et cette idée me fit trembler un instant. J'étais attachée. Tant pis, Florianne me détacherait bien un jour. 
 
Je me concentrai sur les sensations de son jeu ; m'attendant une nouvelle fois à la fraise. Pourtant ce fut autre chose, infiniment plus angoissante. Contact frais et totalement désordonné. Quelque chose de petit. Je poussai deux cris d'effroi et de surprise « Ah , Ah ». Elle chatouillait mon nez. Je ne savais pas avec quoi et ça m'angoissait terriblement. Tout mon visage fut cible de ses attaques ainsi que mon coup. J'essayai de me contrôler mais je ne pu m'empêcher d'haleter, sentant ma respiration s'enflammer et mon ventre durcir un peu plus. Elle allait me faire jouir juste par les contacts infimes qu'elle m'offrait. Je me concentrai sur la sensation, localisée, tendre et irritante. Ca me rendait folle. Soudain elle stoppa. J'écoutai sa respiration et le bruit de sa bouche. Elle approcha son visage du mien, la chaleur s'intensifia et elle déposa quelque chose sur mes lèvres. Une framboise. Écrasée mais délicieuse. J'avalai le fruit. C'était donc ceci l'objet de mes cris. 
 
Elle s'affaira près de moi. À cet instant, le moindre contact d'une partie de son corps avec mon sexe m'aurait terrassée. Heureusement il n'en fut rien, je voulais continuer. Elle déposa quelque chose sur ma bouche, j'ouvris les lèvres et à ma grande surprise, une averse douce tomba sous ma langue. Du sucre en poudre. Elle continuait d'en verser à l'aveugle dans ma bouche offerte. J'en avalai péniblement en raison de ma position allongée ; les cristaux chatouillèrent ma gorge, j'aurais pu étouffer à cet instant en toussant. Je manquai de m'étrangler et paniquai. Toutefois je fis un effort et le sucre passa sans problème après quelques déglutitions. J'embrassai Floriane la délicieuse, riant en même temps de son audace dans le jeu ! Le sucre était inattendu à cent pour cent. 
 
Floriane fouilla un peu près du lit et je sentis le bruissement de son corps près du mien. Du métal glacé et doux, arrondi et apaisant vint caresser ma bouche . Pendant des minutes qui me parurent des heures, elle promena ma cuillère entre mes lèvres. Chaque collision de l'objet avec mes dents provoquait une petite douleur diffuse dans la gencive ainsi qu'un son métallique cristallin. 
 
Je mordillais la cuillère pour perturber Floriane. Elle s'attardait surtout à retrousser ma lèvre inférieure sur mon menton avec le dos de l'instrument ce qui m'agaçait prodigieusement. J'aurais pu crier si je n'avais pas été totalement concentrée sur ce qu'elle faisait, ne pouvant ainsi pas ouvrir la bouche. L'excitation qui sommeillait encore en moi se réveilla et s'ajouta à celle qui m'envoûtait déjà. Toute l'agitation dont mon corps était capable était de sortie. Je sentais mon ventre palpiter, mon sexe luire de cyprine. Des gouttes de sueurs s'échouèrent sur mon flan en provenance de mon aisselle droite. Le bandeau collait à mon front, lui aussi couvert de perles de sueur. J'aurais eu envie que Floriane me caresse, qu'elle mette ses doigts dans mon ventre, je lui demandai : « Floriane, je ne peux pas, ça me rend dingue, je t'en supplie petite peste délivre-moi ou donne moi ta main entre mes cuisses. Franchement je vais défaillir ». 
 
Dans un ultime espoir j'essayai de me délivrer agitant les jambes, pensant que cela allait sans doute arracher mes liens. Je me retournai à droite, puis à gauche, me tortillant comme une furie. Soudain Floriane m'enveloppa de sa chaleur, elle s'était allongée sur moi. Ses cuisses logées de chaque côté à l'extérieur des miennes ; ses bras dans le creux de mes aisselles Elle se tenait sur les coudes. Elle colla ses seins aux miens puis fit en sorte qu'ils se placent un peu plus bas que ma poitrine. Elle colla son ventre contre le mien. Elle m'écrasait sous son poids. Son visage s'approcha du mien. Je pouvais respirer son haleine parfumée de framboise et saturée d'excitation. Ses lèvres gonflées et humides happaient les miennes. Nos langues s'emmêlaient dans un baiser mille fois rejoué mais aussi excitant à chaque fois. Elle agaçait mon palais avec sa langue. Nous échangeâmes de longs baisers passionnés pendant une éternité. Elle s'arrêta soudain, nos salives formaient des fils humides unissant nos bouches quand elle se retira. Elle ne cessa de se lover contre moi mais fit atterrir un liquide acide sur ma bouche. Le goût répugnant du citron. Elle savait que ça me faisait frissonner. Son manque total de gentillesse me fit rire. Elle savait que je détestais le citron pour des raisons obscures mais avait désobéie. Je lui pardonnai bien vite, recrachant son offre baignée de salive. Elle lécha mon menton avidement. Pressant encore le citron elle ne se décolla de moi, je tentai d'arracher mes liens. Le pantalon ne cédait pas. J'articulai son prénom d'un ton méchant « Floriane ! Floriane ! ». 
 
Elle balaya mon cou et attrapa l'attache de ma lingerie. Mon soutien-gorge délivra mes seins durs. J'avais envie d'elle. J'implorai « Floriane ma Grenadine, caresse-moi entre les cuisses, s'il te plaît, sincèrement j'en ai marre, ne m'abandonne pas ! caresse-moi mon sexe ! » 
 
Soudain mon sein droit s'électrisa. Jamais je n'avais connu pareil sensation brutale sur le téton. Je ne pu que laisser échapper un « oh » d'un souffle court. Elle utilisait sûrement un glaçon la garce. Mon sein gauche connu le même traitement affligeant. Je n'en pouvais plus, j'avais envie qu'elle plonge sa langue dans mon intimité, qu'elle m'arrache la peau de cet endroit obscur pour m'escorter au ciel. 
 
Je lançai mon bassin vers elle, creusant mon dos au maximum, faisant ressortir ma poitrine vers le plafond de la chambre. Mes galipettes avortées serraient involontairement mes cuisses l'une contre l'autre. Ceci provoqua une sorte de mini-orgasme. Je jappai comme un petit chien apeuré. Soudain je ne senti plus rien. Elle ne me touchait plus. J'allai l'implorer de recommencer quand elle enveloppa mon sein dans un duvet semblable à un nid de plume. Ma peau se tendait, mes sens me faisaient mal ; renvoyant à mon cerveau un excès de stimulations, les messages se trouvaient désordonnés et incompréhensibles. Je ne savais pas ce qu'elle faisait, ce que je ressentais. Elle glissa ses doigts sous l'élastique de ma culotte, la fit courir sur mes jambes et m'en libéra. Je tentai d'emprisonner son cou avec mes chevilles mais ne trouvai que le vide ! 
 
Enfin, enfin elle posa ses doigts dans mon petit écrin intime et écarta mes chairs. Elle pataugeait dans mon humidité, j'allais jouir c'était certain. La sensation orgasmique qui m'assaillait s'intensifia. Je tirai mes liens comme une forcenée ; si par bonheur ils sautaient je me propulserai en avant pour entraîner Floriane sur la moquette et je la dévorerai c'était certain. Mais rien ne cédait ! 
 
Mon ventre renvoya une sensation géniale. Inédite. Un liquide visqueux, chaud et apaisant ruisselait sur ma peau. Je hurlai : « Aahh, Floriane ça suffit cette fois ! t'as encore combien de choses à essayer ! j'en peux plus, tu veux me faire mourir, je veux que tu me caresses, vite, vite ! » 
 
Mon ventre se contracta. Tout mes organes devaient exploser j'en étais certaine. Mon utérus, mon vagin, toutes mes viscères hurlaient. J'avais dépassé le simple orgasme vaginal. C'était une cavalcade de sensations tantôt superficielles au niveau de mon clitoris, tantôt viscérales presque dans l'antre de mon utérus. Les longues contractions d'un orgasme m'enflammèrent. Je mordis ma lèvre inférieure jusqu'au sang pour me taire. Elle versait le liquide bizarre dans mon nombril. Je ne voulais plus rien d'elle. Je n'en étais plus capable ; qu'elle s'en aille ! Je la détestais tout autant que je me détestais. Capable de jouir sans qu'elle ne mette sa main dans mon sexe ! Je me sentais coupable d'atteindre l'orgasme par ces stimulations. J'avais honte d'être si affamée, de ne pas tenir assez longtemps sans avoir le moindre orgasme ! En un instant, une chevauchée d'orgasmes s'organisa en moi me faisait subir une gigantesque lame de fond de plaisir. Je lui annonçai penaude «  j'ai jouie, excuse-moi » , pensant qu'elle allait me martyriser encore plus, me dire que j'aurais pu l'attendre. Elle posa ses paumes douces et rassurantes sur mon ventre et m'enivra de calme pendant de longues minutes. Ma respiration s'apaisait. Les papillons qui dansaient derrières mes yeux s'estompaient. Je redemandai : « Flo je veux que tu me délivres. Je veux me rattraper et te toucher aussi ». 
 
Elle fit couler son liquide mystérieux entre mes cuisses. Il enveloppa mon clitoris. Je ne pu m'empêcher d'émettre de sourds grondements. J'étais hagarde, vidée de toute énergie et pourtant le contact de se liquide m'excitait encore. Ca me prouvait que la Femme dispose encore d'une réserve d'énergie quand elle croit que tout est fini. Je demandai, implorante : « c'était bon, c'était bon, Floriane, c'est quoi, refais-moi ça ». 
 
Rien. J'attendais de goûter encore à la douceur de cette substance mais rien n'arriva. Elle glissa quelque chose de dur entre mes cuisses. La cuillère certainement. C'était insupportable, un nouvel orgasme arrivait. J'intimai « Cesse de faire ça immédiatement ! » 
 
Elle arrêta. J'attendais. Soumise. Soudain elle glissa ses doigts au plus profond de moi, butant sur les parois de mon vagin. Je ne sentais pas ses ongles. C'était affreusement curieux. Peut-être ses doigts étaient-ils remplacés par quelque chose ? elle fouilla en moi avec fureur et se retira. J'attendais encore. Que faisait-elle !? Soudain ses mains heurtèrent mon crâne. Elle arracha mon bandeau. Mes yeux piquaient de sueur. Des larmes jaillirent. Elle était belle. Ses cheveux blonds durs tombaient devant son visage. Ses yeux marron pleuraient aussi. Ses lèvres si aimantes tremblaient. Ses petites taches de rousseur la rendaient superbe. Ses longs cils recourbés semblaient vibrer eux-aussi. Elle détacha mes mains. Je me senti revivre. Je me redressai, le dos endolori de crampes et m'accrochai à elle souhaitant la renverser par terre. Nous étions trop loin du bord et je n'arrivai qu'à saisir son dos, à l'incliner sans la pousser. Qu'à cela ne tienne ! comme une imbécile, sans réfléchir j'enfonçai mes ongles dans sa peau brûlante. Je griffai ses omoplates. Je saisi son visage à deux mains ainsi que des poignées de cheveux. Je plongeai ma langue dans sa bouche, fouillant entre ses dents et sa joue ainsi que sous sa langue. Sa lèvre inférieure était légèrement plus épaisse que l'autre. Je mordis la chair sauvagement. Un goût de fer envahi ma bouche. Je lançai mes jambes autour de ses hanches, l'attirant encore plus à moi. Elle fit la même chose. Nous tanguions d'avant en arrière sur le lit. La balançoire humaine. Soudain ses doigts violèrent mes cuisses. Son pouce, son index, son majeur. Ces trois doigts-là, de chaque main m'envahirent. Je décidai d'enfin la prendre aussi. Mes mains parcouraient ses muqueuses. Agrippaient les plis de son sexe. Je plantai les ongles dans la peau molle pour griffer. J'allais faire mal. Qu'elle me pardonne. Si j'avais pu déchirer sa peau pour mieux la soigner après je l'aurai fait je pense. Elle cria. Je cessai. Elle me fit perdre conscience un instant en m'appelant Floriane. Je me demandai pourquoi et soudain j'eu la réponse. Elle voulait se faire l'amour pas mon intermédiaire. Adjugé. Elle me demandait de m'allonger sur le ventre. Mes cuisses la délivrèrent et je me retournai. Les seins écrasés contre le matelas, j'attendais en murmurant « Pauline, ma Pauline d'amour » 
 
Mes mots l'excitaient. Elle posa sa bouche sur mes petites fesses. Zones de mon anatomie que je détestais en dépit de ses remarques. Sa langue força le passage. Elle dévorait sans complexe l'endroit le plus ignoble de mon corps. Que ressentait-elle ? Elle glissa un doigt dans mes chairs. Ce n'était pas lubrifié. Ma peau s'accrochait. J'avais mal. Elle enfonça quelque chose d'infâme. Glacé. Je tentai de serrer les fesses mais c'était peine perdue. La chose, un glaçon de toute évidence s'enfonça d'un coup dans mon anus. J'essayai de le saisir mais il glissait. Il s'enfonça plus profondément. Mes doigts s'aventurèrent ou je n'étais jamais allé mais le glaçon gagna. J'en aurai pleuré. Plus que je ne le faisais déjà. 
 
Elle cessa de me chevaucher, je me retournai sur le dos. Elle m'embrassa tendrement, comme le ferait deux amies seulement. Elle se crispa, serra mes mains, enlaçant ses doigts autour des miens. Elle partait je le savais. Elle avait un peu peur et avait envie que je l'accompagne. Je jouis une nouvelle fois. Une jouissance infernale qui ne cessa pas à mon ventre mais s'aventura dans mes cuisses et mes jambes. Je tenais sa main fermement , ses petits doigts aussi. 
 
Elle murmura « Pauline ». Je répétai son prénom inlassablement, ne me concentrant que sur ça pendant qu'un nouvel orgasme psychique déchirait mon corps. 
 
Inertes nous retombâmes. Elle me serra. J'en fis de même. Quelques minutes après nos éteignîmes la lumière. Il faisait noir, le vent soufflait. Je pris son oreille dans ma bouche et murmurait « Floriane. Floriane. Floriane. Floriane. Floriane. Floriane. Floriane. Floriane. Dors ma chérie, endors-toi ma petite cerise. Chut je suis là tout va bien. » 
 
Et c'était vrai. J'étais là, en face de moi. Dans cette blondinette brûlante. Et tout allait bien. Ça c'était vrai aussi. 
 
 
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