Pétale
Ma jouissance
Je me caresse. Mes doigts passent sur les lèvres de ma vulve particulièrement mouillée par le désir.
Ils les caressent, passent délicatement dessus ainsi que sur mon clitoris.
Je suis à l'écoute de mon corps. Il se met à vibrer. Des contractions de désir enveloppent l'entièreté de mon sexe, remontent dans mon ventre qui se tend vers un sexe imaginaire. Mouvement involontaire que de tendre son corps ainsi vers la volupté, le plaisir.
L'appel vers des caresses plus précises que je fais toujours avec douceur, par effleurements, car c'est l'incitation qui m'excite le plus, ce sont mes sens éveillés qui dictent mon plaisir à venir.
Lorsque je suis avec mon aimé, la pénétration est pour moi l'instant où le contact se fait, elle est pour moi un moment sublime, unique, le moment où la chair du sexe de l'homme rencontre mon sexe écarté comme les corolles d'une fleur. Sa chaleur rencontre la mienne, et cette pénétration est un tel moment de bonheur.
Un lent va-et-vient fait monter l'appel de la jouissance d'un degré. Je ressens dans mon vagin des contractions, mes jambes s'écartent et s'enroulent autour de la taille de mon bien-aimé.
Mon corps se cambre, frissonne. Ma respiration s'accélère. Je perds la notion du temps, j'oublie ce qui m'entoure, et je n'entends plus que la musique de nos deux corps enlacés, mouillés de sueur : des chuintements qui ajoutent à l'érotisme. Je m'agrippe à ses épaules, griffe son dos, me cramponne à sa peau. La mienne devient la sienne. Ses mouvements s'accélèrent doucement et, le long de mon dos, je sens monter en moi de grandes vagues ondulantes de plaisirs, depuis les pieds, tout le long du corps. Ma tête et mon esprit s'en sont allés vers un pays de plaisirs et d'érotisme, d'amour, de don, de partage. Nous échangeons des mots d'amour. Un baiser langoureux, où nos langues, nos salives se mêlent ajoutent encore au plaisir. Il en fait partie. Il me permet de me fondre plus loin dans cette aventure qui est le chemin de la jouissance.
Ma respiration s'accélère, je sens mon plaisir venir de très très loin, j'en connais toutes les étapes, tous les arrêts, et je me laisse aller au rythme de mon partenaire. Je le rejoins, et j'écoute son corps me parler.
Je suis au bord là, je vais jouir, et je souhaite encore profiter et faire durer ces instants précurseurs à l'ultime plaisir le plus longtemps possible. C'est un supplice : il est à la fois tellement tentant de se laisser aller mais aussi de se retenir avant ce non retour où nulle marche arrière n'est plus possible.
Mon partenaire est patient, il attend avant de se laisser aller, il me connaît et il sait à quel instant il pourra mêler son plaisir au mien ; parfois en même temps, parfois décalé.
Mon corps est tendu comme un arc vers ce qui arrive. Je m'en vais là, j'arrive, la vague déferlante me submerge, envahit tout mon corps. Et la vague devient feu, tourbillon, explosion ; comme une lionne, je rugis de plaisir, je crie, je halète, et le plaisir est là, comme une petite mort de quelques longues secondes tellement sublimes et délicieuses.
Je m'agrippe à mon aimé passionnément, je le serre contre moi avec une force décuplée, mes jambes s'écartent se referment, mon ventre devient le rythme d'un cœur qui bat, qui se déchaîne contre son corps. Je perds mon souffle, j'y laisse mon cœur et ma vie le temps d'ultimes secondes.
Puis tout s'apaise...
11 novembre 2005