Hélène
Irlande, un soir d'été
Un soir d'été, rugissement de couleurs dans le ciel, chatoiement de lumières irisées...
Le souffle calme et frais d'une petite brise glisse langoureusement sur mon corps nu comme au premier jour, l'herbe souple en caresse les formes, la moindre parcelle de peau, c'est bon... tellement relaxant... reposant... je tourne la tête... nos regards se croisent, s'accrochent, s'entretiennent de cette passion passée... elle est là, qui m'observe, me détaille, me sourit, ferme les yeux et soupire...
Mon amante, ma chérie, mon adorée... je la regarde s'endormir tout près de moi, son bras en doux contact avec le mien, nos mains mêlées... elle sent bon, elle sent encore l'amour, elle sent encore le désir, parfum de nos ébats... mes yeux amoureux glissent vers sa gorge, ses épaules menues... puis s'arrêtent pour se repaître du spectacle merveilleux de ses seins, lourds et parfaitement formés, légèrement écartés, épanouis de plaisir...
Quelle soirée ! Nous nous retrouvâmes au sommet de cette colline herbue couronnée de quelques arbres au branches tordues, loin de tout et de tous, nous offrant une mer ondulée, parcourue de vagues emperlées d'écume blanche... bientôt, le soleil sera trop bas sur l'horizon pour diffuser sa chaleur et sa lumière, mais il nous offrira, je le sais, un coucher à couper le souffle. Pour ce qui était de la chaleur, je me proposais d'y remédier, et pour la lumière, ma foi, nous n'en aurions pas vraiment besoin...
Elle me tenait tendrement la main, m'entraînant plus avant vers cette mer, passion d'enfance, amour inassouvi, chère à mon cœur transi... nous restâmes longtemps, assises, sur cette terre tendre et cette herbe bruissante du pays d'Eire, nous restâmes longtemps sans rien se dire, à contempler la nature, majestueuse, impérieuse, fière et sauvage... nous restâmes longtemps ainsi, collées l'une à l'autre, ma tête sur son épaule accueillante, nos mains entrelacées négligemment posées sur ma cuisse... l'air était bon, notre matelas d'herbe et d'humus ne semblait demander qu'a ce que nous nous allongions dessus... m'enivrant de son odeur, de sa proximité, du toucher de ses formes, ma petite irlandaise, je m'abandonnais avec délices au doux sentiment de désir qui se formait au creux de moi... nos mains ne se séparaient que pour aller à la rencontre de nos visages, caressant, explorant timidement ce reflet d'amour... nos lèvres s'unirent, nos langues s'apprivoisèrent, nos respirations devinrent haletantes, saccadées… mes mains retrouvèrent le chemin de ses hanches fines, caressant la peau tendue, douce et frémissante sous son fin chemisier... nous nous allongeâmes de concert, entremêlant nos jambes, pressant nos cuisses, découvrant nos corps passionnés... je sentais ses mains glisser, sensuelles, sur mes formes, son souffle chaud lorsque dans mon oreille elle murmura un « I'm all yours, lover...» d'une voix rauque... mon cœur chavira, mes sens s'enflammèrent, je poussai un petit gémissement, sentant mon désir incontrôlable croître pour ma belle rousse... nos seins se touchaient, se massaient d'eux même, nos cuisses pressaient délicieusement sur nos intimités déjà fortement mouillées... je déboutonnais son chemisier avec une ardeur non contenue, elle le retira, replaça ses mains et m'embrassa les cheveux, léchant mon oreille... je n'avais d'yeux que pour ses seins gonflés de désir, aux mamelons érigés… parfaits, je montais ma main caressante et descendais ma bouche languissante... elle s'attaqua à mon petit haut, le remontant pour libérer ma poitrine tendue d'excitation, et je l'enlevais rapidement, interrompant l'exquise dégustation de sa chair... Comme je la désirais !!!
Comme je la voulais, sur moi, en moi, sous moi, contre moi... Elle se tourna sur le dos, gémissant de mes attentions gourmandes... je passai à califourchon, toujours tétant, suçant ce mamelon adorable, léchant et malaxant ses seins... je sentais son ventre onduler au dessous et les pointes drues de ma poitrine frotter parfois la peau tendre... C'était grisant, terriblement excitant... je me cambrai un peu et calai mon sexe fermement sur son ventre, le frottant, caressant ses muscles mouvants, comme les vagues de cet océan... ses mains emprisonnaient mes hanches, me faisant encore plus la chevaucher... je me sentais au bord, capable de jouir à n'importe quel moment, réfrénant mon orgasme... enfin… enfin... je voulais jouir avec elle, je voulais que nous nous envolions vers ce paradis ensemble, nos corps étroitement liés, volupté des plaisirs, chair contre chair, et enfin... je la sentis venir, trembler, crier en un orgasme puissant, implacable, tétanisant son corps sous le mien... et je me laissai aller, m'allongeant sur elle, l'enserrant avec force et feulant mon plaisir, je la rejoignis là-haut, tout là-haut…
Nous restâmes longtemps blotties l'une sur l'autre, nous serrant, nous caressant, nous humant, retrouvant notre souffle à mesure que les battements de nos cœurs se calmaient, que l'excitation intense, brutale, envahissante de la première fois s'échappait lentement de nos corps frémissants... nous restâmes longtemps à nous sentir, apprécier notre contact, nous baiser, lécher cette peau luisante d'une fine couche de transpiration, goûter nos lèvres amoureuses, pleines de jeunesse et de vie, d'envie d'aimer... nous restâmes longtemps ainsi, cachées par les hautes herbes ondulantes sous la douce brise marine, par l'obscurité naissante, lorsque Lux, notre soleil, notre astre bienfaiteur, faiseur de vie, se cachait afin de laisser la place a notre déesse, ronde et blanche, femme par essence, réglant nos amours, caressant de sa pâle lueur les corps enlacés, les nimbant d'halos magiques, mystiques...
Puis nous nous regardâmes, son regard flamboyant d'amour plongeait dans mes prunelles, me secouait jusqu'au tréfonds... Déesse, que j'aimais cette femme ! nos regards ne se détachèrent pas lorsque je descendis lentement de tout son long, enserrant ses jambes musclées, me caressant légèrement sur elles, les sentant bouger alors que je finissais de dégrafer son pantalon de toile... elle m'aida à le lui retirer et je découvris pour la première fois les courbes envoûtantes de ses cuisses blanches, l'arrondi parfait de ses hanches, le galbe doux de ses fesses... je m'accroupis entre ses jambes élancées, légèrement écartées, me permettant d'admirer avec une convoitise toute suggérée par mon désir renaissant, le triangle de coton, cachant avec pudeur son moi intime... je m'avançai, glissant mes mains, caressant ces chairs frémissantes... je devinai, au rythme de sa respiration, qu'elle était dans le même état que moi, émue des sensations qui refaisaiten jour en nous... Je fis glisser l'écran protecteur, doucement, puis le retirai pour mieux me replonger dans cet écrin de douceur, plein de promesses de plaisirs... je ne pouvais me lasser de contempler cette fleur, cette rose épanouie dans cet océan de blancheur... je ne pouvais m'empêcher de la caresser, de la masser, d'écarter les pétales qui mènent à l'iris luisant... je ne pu m'empêcher d'abaisser mes lèvres, cherchant le contact intime avec ces pétales de plaisir, désirant goûter ce fruit des délices, désirant l'embrasser, le lécher, faisant mine de le manger... je senti ses mains dans mes cheveux, caressantes, alors que son ventre se creusait, remontait ses hanches..
Puis elle m'attira à elle, et je délaissai son subtil bourgeon d'amour avec regret... elle le remplaça par sa bouche, avide de ma langue, de nos langues se caressant, s'explorant avec une infinie douceur empreinte d'un désir puissant... j'étais allongée sur elle, entre ses jambes qu'elle chérissait lentement le long des miennes, faisant remonter ma jupe longue avec une lenteur exaspérante... Plus mon désir croissait, plus j'avais de sentir sa peau nue contre la mienne, sa douceur, son exquise fraîcheur... elle glissa ses mains le long de mon buste et déboutonna mon vêtement, je me soulevai imperceptiblement, et elle le poussa, s'aidant de ses mains, de ses jambes, de ses pieds pour m'en extraire... son contact m'électrisa, catapulta mon désir... je sentis mon intimité se lubrifier, je sentais la moiteur de son sexe collé sur mon mont de vénus... elle remonta ses mains et réitéra son action avec la frêle pièce de tissu protégeant la source de ma passion...
Nous nous enlaçâmes, emprisonnant nos jambes, frottant nos cuisses, caressant nos pétales de plaisir humides d'une rosée intérieure, roulant sur nous mêmes, nous embrassant, gémissant, haletant, hoquetant lorsqu'un frisson de plaisir nous parcourait... nous nous aimâmes, encore et encore, de nos cuisses, de nos mains, de nos seins, de nos lèvres, visitant avec émerveillement ce vestige des amours d'antan, des amours vrais, profonds, inaliénables, inaltérables... voyageant sur la puissante onde du plaisir, par don de soi, par totale abnégation, par amour pour l'autre... culminant par l'Orgasme, raz de marée ravageur, éblouissement des sens, jouissance du corps, devenu maître de l'esprit...
Nous restâmes longtemps enlacées, nos corps ne faisant plus qu'un, nos âmes se mêlant dans les délices de l'extase, cherchant vainement à comprendre ce qui avait pu nous arriver... ce qui avait pu faire de ce moment un moment si magique... nous restâmes longtemps embrassées, ne pouvant faire un mouvement de peur de briser ces plénitude qui nous avaient envahies, de peur de rompre le charme... Nous restâmes longtemps accrochées, l'une à l'autre, de peur de nous perdre...
Un soir d'été, rugissement de couleurs dans le ciel, chatoiement de lumières irisées...
Le souffle calme et frais d'une petite brise glisse langoureusement sur nos corps dénudés, l'herbe souple en caresse les formes, la moindre parcelle de peau, c'est bon...
Le ressac, déferlement liquide de sons graves et apaisants berce nos pensées… nous nous endormons, bien heureuses, seules au monde dans la pureté de notre amour…
Juillet 2006.