Bilitis 
     Fantasmes 
 
C’est quoi, ton fantasme ? 
Un peu interloquée, je clignai des yeux et sentis le rouge me monter aux joues. Venant de toute autre personne qu’elle, cette question intime, surtout posée de façon aussi abrupte, m’aurait refermée comme une huître. Mais Angela avait su prendre sur moi un tel ascendant que je ne sus comment éluder la question. En avais-je envie, d’ailleurs ? Elle affichait son petit sourire narquois qui me plaisait tant, et je me sentis pénétrée par son regard à la fois amusé et coquin. 
Nous nous connaissions depuis environ deux ans. Angela était l’une de mes meilleures amies, elle m’avait plu dès notre première rencontre, à une fête chez des amis communs. Cette grande fille brune, une mulâtresse à la peau couleur café au lait, était d’une beauté à couper le souffle : une peau mate, parfaitement lisse ; des lèvres charnues ; de grands yeux en amande aux iris d’une couleur indéfinissable, un brun très clair, presque transparent, pailleté d’or et qui pétillaient de vie et d’intelligence. Un corps de mannequin ! Svelte, élancée, avec des mouvements de félin, elle était la grâce incarnée. Elle s’habillait toujours avec beaucoup de goût, qu’il s’agisse de robes de soirée ou de tenues plus relax. Ses traits étaient d’une finesse exquise et, quoique se sachant terriblement attirante, elle n’éprouvait pas le besoin, contrairement à bien des filles nettement moins jolies qu’elle, de passer son temps à vérifier son pouvoir d’attraction. Combien de fois n’avais-je pas dû me retenir de laisser mon regard admiratif parcourir sa généreuse poitrine qu’elle avait soin de mettre en valeur, sans réelle ostentation, mais avec une malicieuse et très efficace discrétion. Il n’avait pas fallu bien longtemps avant que je ne réalise que j’en étais follement éprise. 
Plus encore, si possible, que sa rayonnante beauté, c’est la sensualité ravageuse que dégageait Angela qui m’avait séduite. Elle m’attirait aussi sûrement que la lune attire les eaux de nos océans ! J’étais comme aimantée par elle, mon corps vibrait dès que je me trouvais en sa présence, je m’imaginais que les ondes qui émanaient de sa personne m’étaient spécialement destinées et me troublaient au point de me faire perdre tout sens des réalités. 
Hélas ! Angela était une hétéro pure et dure ! Je compris très vite que je n’avais pas la moindre chance de la séduire. Il m’avait fallu pas mal de temps avant d’oser un contact. La prendre dans mes bras au moment de nous retrouver ou de nous séparer m’était toujours un délicieux supplice. Son parfum délicat m’envahissait et me faisait chavirer à chacune de nos étreintes, bien trop furtives à mon goût. Je devais me gendarmer pour ne pas, surtout pas, lui laisser deviner à quel point je la désirais. 
Mais nous passions bien souvent, comme en ce moment même, de longues heures à papoter, à plaisanter, à nous confier nos petits secrets, à partager des moments de détente en écoutant nos airs préférés. Nous n’avions guère de secrets l’une pour l’autre : elle savait ma préférence en matière de sexe, et j’avais de mon côté recueilli de nombreuses confidences à propos de ses innombrables conquêtes amoureuses. Je prenais une sorte de plaisir masochiste à la pousser à me raconter, détails à l’appui, ses ébats qu’elle me commentait volontiers. Elle changeait d’amant comme de vernis à ongles ! Pas d’attache, pas de dépendance ! Ce mode de vie lui convenait parfaitement. Je dois reconnaître, à travers les récits qu’elle m’en faisait, qu’elle choisissait ses amants avec discernement. Elle n’avait d’ailleurs que l’embarras du choix ! Toujours entourée, courtisée, adulée. J’avais pu m’en rendre compte à de nombreuses reprises. Je n’étais pas jalouse, non, mais je crevais d’envie, de désir. Je rêvais sans cesse de la tenir dans mes bras, de la contempler, de la dénuder, de la caresser, de faire vibrer son superbe corps. 
Nous avions passé une soirée délicieuse entre amies, au restaurant, et elle était montée prendre un dernier verre après m’avoir déposée devant mon petit immeuble. Nous étions un peu éméchées, mais très raisonnablement. N’empêche, je ne crois pas qu’elle m’aurait posé une telle question si nous n’avions pas été toutes les deux baignées de cette douce euphorie que procurent les bons vins que nous avions savourés au dîner. 
Nous venions certes de parler un peu de sexe, mais rien de bien particulier ni de bien neuf : elle venait de me faire bien rire en racontant de quelle manière plutôt cavalière elle venait de larguer son dernier amant en date. 
Et puis cette question et le fil qui s’était aussitôt tendu dans mon ventre, la délicieuse, mais combien inopportune pétillance qui se répandait en moi et que je ne sus réprimer. Je déglutis et failli lui répondre : « Te faire jouir ! » Ces mots se pressaient pourtant derrière mes lèvres, mais je sus les retenir et me contentai d’un laconique, mais tout aussi révélateur sans doute : 
Toi !  
Le mot avait prononcé d’une voix blanche que je ne pus empêcher de trembler. Je sus immédiatement que je venais de me découvrir, trop, beaucoup trop. Fine comme elle était, elle ne pouvait pas ne pas avoir capté mon émotion, ressenti mon trouble. 
Son sourire se figea, son œil s’arrondit et la malice qui pétillait dans ses splendides prunelles fit place à une sorte de gravité. Je me sentis fondre sous ce regard inquisiteur. 
Quelle gaffeuse je faisais ! Je me sentis idiote, prête à disparaître sous le tapis, honteuse et furieuse de m’être ainsi aussi stupidement trahie. 
J’eus un hoquet de surprise lorsque je sentis sa main se poser sur la mienne. 
Je trouve ça très flatteur, tu sais ! murmura-t-elle sur un ton d’une douceur qui me fit frissonner. 
Je… je suis désolée… bredouillai-je, au bord des larmes. 
Sa main se fit plus pressante et son sourire s’accentua légèrement. Elle poursuivit sur le même ton : 
Il y a une chose que tu dois savoir, Domy, c’est que si jamais, un jour, je décidais de vivre quelque une chose avec une femme, ce serait toi et personne d’autre ! 
Je ne pus contenir le flot de larmes qui jaillit de mes yeux embués. Mon cœur se mit à battre la chamade, une vive chaleur envahit tout mon corps, je sentis mes pointes de seins se dresser d’un coup, comme sous l’effet d’un soudain vent glacial, j’étais totalement désemparée. Je devais offrir à mon amie une image bien peu reluisante ! 
Elle s’avança et entreprit d’essuyer mes joues inondées. J’étais partagée entre l’envie de me blottir dans ses bras et celle de fuir dans ma chambre et de me jeter sur mon lit comme une gamine éplorée. Mais il émanait d’elle une telle force, un tel calme, une telle assurance que je ne bougeai pas d’un pouce. Elle poursuivit : 
Tu es une fille merveilleuse, et je t’adore ! Je ressens pour toi une profonde tendresse, tu es ma meilleure amie, Domy et… et je t’avoue qu’il m’est arrivé de… 
Je sentis sa belle assurance se lézarder, mais je m’interdis de m’illusionner, je savais qu’elle ne franchirait pas le pas : elle n’était pas prête. Je ne pus m’empêcher d’ajouter en mon for intérieur : « pas encore ». Espoir déraisonnable sans doute, sûrement même ! 
Tu es belle, tu sais ! Mais oui, tu le sais ! Et sexy en plus. Je ressens de l’attirance pour toi, je l’avoue, et tu m’es infiniment précieuse, mais… je… 
Ne dis plus rien, articulai-je, c’est bon comme ça, restons-en là, excuse-moi, tout ceci est ridicule, c’est ma faute. 
Mais non, voyons ! Tu sais, ça fait longtemps que j’ai deviné que je t’attire. Et je ne te cache pas que ça m’a terriblement déroutée au début, mais aujourd’hui, je l’ai admis et ça ne me pose plus aucun problème. Tu es ainsi, et puis voilà tout ! Je t’aime assez pour respecter cet aspect de toi. 
Ses paroles tout à la fois me consternaient et me rassuraient. Ainsi donc, j’avais été percée à jour, et sans doute de longue date ! Je ne sus si je devais lui en vouloir ou lui en être reconnaissante. En réalité, j’étais perdue, déchirée, affolée. 
Alerte comme à l’accoutumée, elle sut trouver l’échappatoire : 
Donc, je suis ton fantasme ! Eh bien j’en suis heureuse, sincèrement. Mais, je voudrais savoir… Suis-je ton seul fantasme ? 
Je la regardai, perplexe, ne sachant quelle attitude adopter, mais consciente que nous étions sorties de la zone de danger. Je décidai de jouer le jeu : 
Non, j’en ai d’autres, c’est sûr. 
Je vis une pointe de malice réapparaître dans ses prunelles et son sourire se faire soudain gourmand. 
Allez ! dis-moi !... dis-moi tout. 
J’ai toujours aimé être dominée par les êtres qui m’impressionnent et que je respecte. C’est ma nature, c’est ancré au fond de moi depuis toujours. Je n’éprouvai dès lors aucune difficulté à satisfaire sa curiosité. Je me jetai à l’eau : 
Tu sais, c’est assez fluctuant !... il y a des dominantes, bien sûr, qui feraient sans doute le bonheur d’un quelconque ‘psy’. Mais bon. Par exemple, il m’est arrivé de m’imaginer dans une situation terrible : entravée, nue, exposée sur la place publique telle une condamnée des temps anciens où l’on mettait les gens au pilori, je suis attachée à une sorte de planche dressée sur une estrade dominant la foule qui gronde à mes pieds, bras et jambes écartés, offerte, impudique, terrifiée, frissonnante, en larmes. Je sens les regards de tous ces hommes et de toutes ces femmes qui détaillent mon anatomie, qui me scrutent, qui se délectent de ma détresse, qui m’insultent, me traitent de putain, de traînée, de salope, de fille perdue, de dépravée… Et ce qu’il y a de fou, c’est que ce rêve insensé m’excite au plus haut point. Je suis à la fois morte de honte et débordante de fierté, consciente que mon corps inspire des pensées lubriques, des obscénités à cette foule qui me mange des yeux. Je remarque même certains qui, sans vergogne, se branlent sans retenue en me regardant, les yeux fous, la bave aux lèvres. Je suis à la fois révulsée, dégoûtée et en proie à une exaltation bizarre, malsaine peut-être. Je ressens une sorte de fierté compulsive, presque de l’arrogance. C’est… c’est fou !... Euh… je… je te choque ?... 
Pas du tout ! J’y vois une chose toute simple et bien naturelle : de l’exhibitionnisme sur l’avers et de la culpabilité au revers de la même pièce ! N’est-il pas normal que tu aies envie d’être admirée ? Et au vu de ce je sais de l’éducation désastreuse que tu as reçue, il est assez simple de comprendre la forte culpabilité que tu éprouves. 
Tu as sans doute raison ! admis-je, soulagée. 
Souriant de toutes ses dents, elle relança, enjouée : 
Allez  un autre ! Tu en a sûrement encore quelques-uns, non ? 
Je souris, légèrement rosissante, puis lui avouai : 
Ben oui. Il n’y a quelque temps, j’ai lu un roman d’espionnage. Ça se passait pendant la Seconde Guerre mondiale et une espionne britannique se faisait arrêter par la Gestapo au terme d’une longue traque. Elle a évidemment été torturée puis fusillée. Cette histoire a dû me marquer, car j’ai commencé à fantasmer autour de ce personnage de femme courageuse, moi qui me trouve si lâche !... Un peu comme dans le livre, je fais partie d’un réseau et j’envoie aux nazis de faux renseignements. Mais lorsque la Gestapo m’arrête, c’est une unité de SS qui me réclame pour interrogatoire, et je me retrouve entre les griffes d’une superbe aryenne blonde aux yeux bleus, évidemment, et complètement folle de sexe. Ici, on s’écarte complètement du bouquin et de son contexte et même de tout réalisme ! La fille me fait venir dans son bureau et renvoie les gardes. Elle me bouffe des yeux, je la vois déglutir puis se mordre les lèvres. Elle se lève, s’approche de moi, gantée et jouant avec une badine qu’elle me place sous le menton ; relevant brutalement ma tête, elle me dit : « Attends, toi, tu vas voir ! » Je suis menottée et ne suis pas en mesure de lui résister. Elle arrache deux boutons du haut de mon chemisier puis y glisse sa badine qu’elle balade entre mes seins puis la fait coulisser et l’agite en tous sens. Je remarque que ses yeux se mettent à briller, que sa respiration se fait rauque, que ses ailes de nez palpitent : elle s’excite. Elle retire la badine et se met à me peloter les seins à travers ma chemise, d’abord doucement, puis de plus en plus fort, jusqu’à les écraser et me faire mal. Ensuite, rouge d’excitation, les yeux fous, elle arrache ma chemise puis mon soutien-gorge et se met à me lécher les seins, à en étirer les bouts qu’elle mord de plus en plus fort. Elle me fait hurler. Mais à la douleur se même un plaisir aigu, âpre, violent. Je sens que je mouille comme une folle. J’ai pourtant horreur de la violence, mais là, dans mon fantasme, ces sévices me mettaient en transes. 
— Et ensuite ? 
— Ensuite elle me dénude complètement et me flagelle au moyen de sa badine. Elle s’attarde sur mes fesses qui sont vite zébrées de rouge et sur mes seins qui rougeoient et m’envoient des élancements à la fois douloureux et voluptueux. Elle farfouille ensuite du côté de ma vulve, y promène sa badine, recueille mon jus, me le fait renifler puis goûter. Ensuite, elle se dégante et recommence à me peloter avant d’introduire ses doigts dans mon vagin et de me branler comme une possédée. Elle me fait jouir sauvagement, encore et encore. Je demeure ensuite épuisée, pantelante, meurtrie, humiliée, mais… honteusement et secrètement ravie. 
— Eh bien dis-donc ! J’espère que tu n’as pas de telles pratiques dans ta vie sentimentale ou amoureuse, fit-elle sur un ton persifleur. 
— Il n’en est pas question ! Je déteste toute forme de violence, mais je dois bien admettre que ce fantasme me propulse dans des délires fort jouissifs ! 
— Tu me rassures ! D’ailleurs dans celui du pilori, il semble évident que tu ne cherches qu’à te faire peur ; sans plus : personne ne te viole, ni même ne te touche ! Et ta Gretchen ne te torture pas vraiment ! On voit bien pire sur les sites SM, genre ‘donjons’ ! 
— Tu as raison... Mais je crois que je vais te surprendre avec celui-ci qui est d’une nature fort différente. 
— Dis-moi ! 
— Eh bien… il m’arrive, au moment où monte l’excitation, d’avoir envie de devenir complètement idiote. 
Je vis l’œil d’Angela s’arrondir. Au moins sa curiosité était-elle éveillée ! Je m’expliquai : 
— Bizarre hein !? Mais il faut préciser : être idiote, c'est à dire, abandonner toute réflexion, ne plus être, totalement, que réceptacle à sensations, comme si le cerveau se vidait de toute pensée pour ne plus se consacrer, exclusivement, qu'au seul ressenti. C'est sans doute pour ça qu'il est si difficile de se rappeler les moments d'extase, de les décrire. Comme si c'était d'un autre ordre. 
— Je comprends ! Au fond, c’est une façon de t’adonner entièrement à ta jouissance, sans aucune réserve. 
— Oui, sans doute. Mais ce fantasme est peut-être celui que j’ai le plus envie de voir se réaliser. Quand je sens le désir monter, j’ai envie que ma partenaire sente ce besoin que j’ai de passer pour une parfaite crétine à ses yeux. J’ai envie qu’elle se dise quelque chose comme « Mon Dieu qu’elle est bête ! Elle n’est plus qu’un corps, un animal soumis, aux abois, à l’affût de la moindre sensation. Et en même temps, tellement confiante et abandonnée que c’en est touchant ». Et je ressens une envie folle qu’elle profite de moi lorsque je suis dans cet état, que je ne sois plus que sa chose, qu’un pur objet de désir pour elle. Je sais que ce serait artificiel de formuler les choses comme ça, mais c’est pour t’expliquer le contenu de mon délire, tu vois ? 
— Oh oui ! Je crois que je vois très bien ! On peut dire que tu entière, toi ! 
— Mais le plus secouant de mes fantasmes est quand même celui-ci, ajoutai-je, lancée à présent. 
Je t’écoute ! dit-elle, les yeux brillants. 
J’en ai fait un vrai récit ! Voilà : je suis dans un vieux château. La vaste pièce dans laquelle je me trouve est envahie de lourds meubles anciens et est plongée dans la pénombre. Les épaisses tentures sont tirées ne laissant passer qu’un rai de la lumière du jour. Contre le mur du fond, un immense lit bas, à l’ancienne, sans montants, mais flanqué de colonnettes aux quatre coins. 
Étendue sur le dos, je suis attachée par des cordons de soie, les mains par-dessus la tête, les yeux bandés, entièrement nue. Ce n’est pas de froid que je frissonne, mais d’appréhension. À mille petits bruits furtifs, je devine des présences affairées autour de moi : chuchotements, bruits de vêtements. Le matelas s’enfonce, le sommier grince, un corps lourd écrase mon bassin, deux mains s’emparent brusquement de mes seins et les malaxent sans ménagement. D’autres mains me parcourent, féminines et masculines. Des ongles de femme courent sur mon ventre, mes cuisses. Un doigt, puis deux investissent ma vulve pendant qu’une petite langue pointue vient titiller mon clitoris tout gonflé. Une large langue s’est mise à me lécher les seins fermement emprisonnés dans des mains viriles. Une langue est venue se glisser dans ma bouche et s’y agite avec vigueur. Une grosse queue bien lourde vient soudain se loger dans ma main gauche tandis qu’une autre s’installe dans ma main droite. L’invitation est claire : je me mets à branler vigoureusement les deux membres en proie à une belle érection. La langue dans ma bouche se retire pour faire place à une troisième queue bien dure que je me mets aussitôt à pomper. Au même moment, des doigts agiles humectent mon œillet avant d’y glisser un objet un peu froid, un gode, qui se fraie bien vite un chemin dans mes entrailles. Une grosse queue s’est mise à coulisser entre mes seins que des mains impatientes maintiennent fermement. Et, pour faire bonne mesure, un cinquième phallus s’enfourne sans ménagements dans mon vagin. Je défaille sous ces assauts multiples, je suis parcourue de frissons, puis de spasmes, je me sens bouillir, l’orgasme s’annonce, grandiose ! Je sens que la queue dans ma main droite va libérer sa semence, mon cul est totalement investi. Je geins, je couine, je coule, non, je ruisselle. Je sens brusquement un jet chaud et épais se répandre dans mon cou et sur mon épaule droite, le phallus entre mes seins se raidit soudain, de longs jets brûlants cinglent ma poitrine, et à gauche, on s’est lâché aussi. Le sperme gluant se répand partout, je suis toute maculée. Je manque d’air, je vais hurler : ça explose dans mon ventre, je sens poindre la jouissance, forte et drue dans mes entrailles. Je jouis comme une démente, des milliers d’étoiles fendent l’espace embrasé, je m’envole avant de sombrer dans un Maelström de plaisir. 
Dieu merci, ceci n'est qu'un fantasme, je crois que je n'y survivrais pas ! 
Ah ! il est plutôt corsé, celui-ci ! Et on y trouve des hommes ! C’est un peu déroutant, non ? 
Tu sais, j’ai été ‘bi’ pendant quelques années et je confesse avoir gardé de bons souvenirs de quelques vibrants hommages que ces messieurs m’ont rendus. 
Son rire cristallin me fit chaud au cœur. 
Ils adoraient se répandre sur mes seins, par exemple ; je n’aimais pas ça au début, mais j’ai fini par trouver très émouvant et excitant de voir ces longs jets crémeux tout chauds zébrer ma poitrine. Ils sont touchants quand ils se lâchent de cette manière. Mais, à propos, et toi ? As-tu des fantasmes ? Je suppose que oui, lui dis-je en souriant, un tantinet moqueuse. 
Oui, un surtout ! affirma-t-elle d’une voix étrange. 
Ah ! lequel ? 
Elle me regarda avec une telle intensité que j’en frissonnai. Soudain, je vis le rouge envahir ses joues et elle prononça d’une voix étrangement rauque : 
Te faire jouir ! 
 
Juin 2010 
 
 
 
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